" Dans le sillage des Marins de Lorraine "
Bulletin de liaison de l'Union des Marins de Lorraine (version web)
Octobre 2009   

- Sommaire

 
 

Mot du Président

 Chers Amis. Anciens Marins

Il est de tradition de constater la reprise d’activité avec à nouveau « la cohue en circulation automobile » et la course aux fournitures scolaires.

- Souvenirs de bonnes vacances pour les enfants et les parents,

- Emotions et tristesse, que vous apprendrez par ce bulletin pour d’autres, familles ou amis.

Dans les associations, la reprise d’activité nous amène à recevoir des invitations très nombreuses :

- Commémorations pour 1914-1918

- Hommages aux maquis, libérations et combats de 1944

Nous devons répondre aux « Amicales »qui désirent un regroupement représentatif lors d’un événement significatif de leur existence ; chacun doit se sentir concerné , cette présence est un réconfort pour les organisateurs, cette présence confirme notre cohésion pour les personnalités invitées et remercie les organisateurs de leur dévouement.

Je ne suis pas sans ignorer les liens individuels de beaucoup avec leurs spécialités ou leurs embarquements (à l’exemple de l’Emile Bertin) ; là aussi c’est un plaisir de renouveler, de retrouver des Amis, de rappeler des Souvenirs même s’il est nécessaire de limiter son physique et suivre un régime… TOUT CELA EST NOTRE PASSÉ COLLECTIF, INDIVIDUEL OU NATIONAL.

Ce bulletin est complet, varié ; vous pouvez l’enrichir avec vos connaissances, notre dévoué Daniel Thirion s’emploie pour cela, voyez ses coordonnées ci-dessous.

Pour moi, toujours heureux d’être à vos cotés, si vous le désirez, selon toutes mes possibilités, en toute Amité.

Bernard Olivier, président

 

Daniel THIRION, 25 avenue de Brieux 57280 MAIZIERES LES METZ Tel : 03 87 80 67 60 E-Mail daniel.thirion@sfr.fr

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis, joyeux, pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon, se sont évanouis.

"Océano Nox" Victor HUGO

 

- NÉCROLOGIE :

Décès de Madame Michèle THIRION

- Madame Michèle THIRION est décédée le 29 juillet au soir à son domicile des suites d'une douloureuse maladie.

Nous partageons le désarroi de notre Ami , camarade et dévoué Daniel THIRION Secrétaire de l'AMMAC de METZ, Rédacteur en chef de notre Bulletin "Dans le Sillage des Marins de Lorraine"

Les obséques ont eu lieu samedi 1er août à 09.15 en l'église de Maiziéres-les-Metz (Moselle).

Requiescat In Pace

Message de Daniel THIRION le 4 août 2009 :

"Chers Amis,

C'est dans la peine qu'on s'aperçoit que l'on a des Amis.......

Michèle Thirion

Par vos paroles, vos pensées, vos petits mots et aussi par votre présence, j'ai pu voir combien mon épouse comptait pour vous.

Aussi, avant que l'on puisse se rencontrer et de se rappeler ensemble les bons moments qu'ellle a passés avec nous, je veux vous remercier de m'avoir soutenu et me donner le courage de passer ces moments pénibles.

Par ce petit message, je voudrais dire combien elle m'a aidé pour que je puisse être à la hauteur dans les responsabilités que vous avez bien voulu me donner, que ce soit par son aide pour que je sois à la hauteur pour effectuer le travail qui m'est demandé ( dans les année 60/70, elle avait été secrétaire à l'Est Républicain, et celà m'aidait beaucoup pour cette tâche) et également par sa volonté de m'accompagner , quand celà était possible, aux diverses manifestations, réunions auxquelles j'assistais.

Elle était toujours là pour me donner son avis et me soutenir quand j'en avais besoin.

Elle laisse un grand vide dans ma vie et Elle va me manquer .

Daniel"

 

- UNE ESCALE PAS COMME LES AUTRES...
Daniel THIRION vous raconte une des escales qu’il a faite lors du tour du monde que le Croiseur DE GRASSE en 1962.

Comme je l’ai expliqué dans un des Bulletins de l’UML, le Croiseur DE GRASSE, sur lequel j’avais été affecté, a eu la chance d’effectuer, de Février à octobre 1962, un tour du monde afin de montrer la présence de la France dans les pays d’expression française et amis de la France.

Dans ce périple, qui a duré neuf mois, le croiseur et son équipage ont fait une cinquantaine d’escales qui les ont amenés, en partant de TOULON, à débarquer dans divers ports d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie et d’Asie.

L’escale qui intéresse ce récit est celle de DIEGO SUAREZ, (3 au 7 septembre 1962), qui se trouve au nord de l’île de MADAGASCAR, qui est située dans l’Océan Indien et qui est séparée de l’Afrique par le Canal de Mozambique.

Pour situer cette histoire, il faut savoir que ce pays était sous protectorat français de 1895 à 1946, où un gouvernement fédéral fut instauré. Suite à une sévère répression en 1947, l’île, république de la Communauté depuis 1958, devint complètement indépendante en 1960.

A cette époque, il y eu des changements dans l’armée française. En effet, les militaires malgaches qui étaient dans l’armée française ont du, du fait du contexte politique d’alors qui devait aboutir à l’indépendance de Madagascar, faire un choix et éventuellement rejoindre leur patrie.

Or, mon père, avait un ami malgache, qu’il avait connu lorsqu’il avait fait en 1932, l’Ecole spéciale de St Cyr . Il s’appelait Gabriel RAMANANTSOA Cette amitié a continué après ces études et malgré les différentes affectations, ils ne sont jamais perdu de vue.

Lors des événements précités, l’ami de mon père avait le grade de Colonel et était le malgache le plus haut gradé dans l’armée française. De ce fait il s’est retrouvé, je ne sais plus comment, à la tête de l’Armée Malgache au grade de Général de corps d’Armée.

Toujours en relation avec son ami, mon père, sachant que je faisais une escale à DIEGO SUAREZ, lui a fait part du passage du croiseur DE GRASSE. Bien sûr, mon père m’avait donné les renseignements, afin que je puisse rentrer en contact avec son service lors de mon passage à DIEGO SUAREZ, afin que je lui fasse une petite visite.

Arrivé à DIEGO SUAREZ, j’attendais le moment de sortie pour mettre pied à terre afin de me rendre à l’adresse que mon père m’avait donnée. Comme nous avions abordé de nuit, le matin a passé assez vite avec le poste de lavage, les corvées ………... Les repas étaient pris dans les postes ou nous devions, le matin, ranger les hamacs et installer les tables.

Après le repas, je fus appelé par l’officier de quart qui me dit de ‘’me faire propre’’. Très excité et tremblant de la tête aux pieds, je fus conduit chez le Commandant. Je suis passé par toutes les couleurs, car, malgré que je pensais qu’il y avait un rapport avec le général RAMANANTSOA, je ne pensais pas aux moments que j’allais vivre.

En effet, j’ai été introduit dans le carré du CV REBUT, commandant du Croiseur DE GRASSE. Il était attablé avec un homme impressionnant, avec plein de galons et de décorations. C’était le Général, Ami de mon père, en visite sur le bâtiment qui avait demandé à me voir. Le Commandant s’est levé , et il est venu à ma rencontre et m’a dit. « Quartier-maître THIRION, je vous présente le Général RAMANANTSOA,. Il m’a expliqué l’amitié qu’il porte à votre père. » Le Général s’est également levé et m’a serré la main en me disant combien je ressemblais à mon père et qu’il était heureux de me voir. Il a demandé au Commandant la permission de me faire chercher le lendemain.

Nous avons échangé quelques mots sur mes parents et j’ai du les laisser dans leurs discussions.

En revenant au poste, je me pinçais pour savoir si je ne rêvais pas. Bien entendu, le lendemain, j’ai été exempt de corvée et de poste de lavage. Je pense que des ordres avaient été donnés, car j’ai eu droit à une inspection minutieuse en attendant qu’on vienne me chercher.

Une voiture noire s’est arrêtée à la coupée. Le chauffeur s’est présenté. Le grade, je ne m’en rappelle plus, mais il avait quelques galons. Il s’est fait connaître et a dit « Je viens de la part du général RAMANANTSOA pour emmener le Quartier-maître THIRION »..Je ne savais plus où me mettre. J’ai descendu la coupée dans les nuages et le chauffeur m’a ouvert la porte arrière de la voiture.

« Bon, m’a-t-il dit, voici mes instructions. Le général, n’est pas disponible, on pourra le voir en fin d’après midi. Aussi, je dois vous emmener voir quelques mess et nous mangerons dans l’un d’eux. » 

Nous sommes donc partis ‘pratiquement ‘’en bordée’’, avec la voiture du général. On a fait les paras, la légion et encore d’autres casernes situées dans les environs de DIEGO SUAREZ. Il a fallut me restreindre (à chaque arrêt, c’était la visite au mess, avec discussion avec les militaires présents et bien entendu devant un verre), car, je n’avais pas encore vu le général et je ne voulais pas qu’il eût une mauvaise opinion de moi.

25 janvier 1975 le Général RAMANANTSOA( à gauche sur la photo) qui a dirigé le pays pendant 5 ans passe le pouvoir au Colonel RATSIMANDRAVA qui a été tué le 11 février suivant dans un attentat)

Vers seize heures, nous avons rejoint les bureaux du général qui, son travail terminé, a pu passer quelques moment avec moi. On a beaucoup discuté, sur mon père qu’il appréciait, sur ma mère qu’il connaissait, il avait été quelquefois invité à déjeuner chez mes parents. On a fait encore la visite de deux casernes, mess officiers, bien entendu, et puis, vu son emploi du temps, j’ai du le quitter vers 21 heures.

Je ne vous dis pas ce que j’ai du dire quand je suis rentré à bord, car un grand nombre de curieux m’avait vu partir dans une voiture conduite par un chauffeur, et radio coursive avait fait le nécessaire…….

Le seul regret que j’ai de ces moments, c’est que j’en avais oublié mes appareils photos

Quand, j’ai revu mon père, j’ai pu lui dire combien j’avais été honoré de ces moments passés avec son ami. Cette journée, passée à DIEGO SUAREZ est gravée dans ma mémoire.

Par la suite, j’ai envoyé deux ou trois courriers, pour le remercier de m’avoir accordé quelques instants. J’ai su qu’il avait beaucoup de préoccupations dues à l’instabilité de son pays et que par la suite le Général RAMANANTSOA fut nommé premier ministre de la république de Madagascar, fonction qui l’a assumée pendant un temps très bref avant de prendre la destinée de son pays durant cinq années.

- 65ème Anniversaire du Débarquement de Provence

Ce 15 août, a eu lieu , devant le Monument aux Morts de METZ, la Commémoration du 65ème anniversaire du Débarquement en Provence. C’est sur invitation de Monsieur Dominique GROS, Maire de Metz et Conseiller général de la Moselle et de Monsieur Maurice DEMANGE, Président Départemental et de Metz des Anciens de la 1ère Armée Française « Rhin et Danube » qu’une centaine de personnes, ont assisté à cette cérémonie.

Monsieur Maurice DEMANGE a accueilli les personnalités qui s’étaient déplacées pour cet événement, dont Monsieur LIOGER, représentant Monsieur Dominique GROS, Monsieur Thierry PINCEMAILLE, Directeur de l’ONAC de Moselle, Monsieur Denis JACQUAT, Député de la Moselle, Monsieur TODESCHINI, Sénateur de la Moselle, Monsieur Roland NOËL, Président du Comité de coordination des Associations patriotiques de la Moselle, Monsieur FRANCOIS, Vice-président du Conseil Général, représentant Monsieur LEROY.

Une quarantaine de porte-drapeaux représentaient les diverses Associations qui participaient à cette cérémonie.

Dans son discours, Monsieur Roland NOËL a rappelé le courage des soldats qui ont combattu pour la libération de la France.

Le Président DEMANGE a lu l’ordre du jour N°1 du Général DE LATTRE DE TASSIGNY.

Trois gerbes ont été déposées par la Mairie de METZ, le Conseil régional et Départemental ainsi que par le Président DEMANGE.

Après la sonnerie aux Morts envoyée par une sono et la Marseillaise reprise par l’ensemble des participants, les personnalités ont remercié les porte-drapeaux

Le Président Maurice DEMANGE a lu l’Ordre du Jour N° 1 de l’Armée Française du Sud, avant le dépôt de gerbes

L’assistance était nombreuse. L’Union des Marins de Lorraine était représentée par notre Ami Marcel LEGENDRE (à gauche), Membre de l’AMMAC de METZ

Ordre du jour N° 1

Officiers, Sous-officiers et Soldats,

Vous venez de vivre les plus belles journées que peut avoir un soldat :

En Abyssinie, en Lybie, en Tunisie, vous aviez assuré la pérennité des vertus militaires françaises. En Italie, sous le commandement prestigieux du Général JUIN, vous aviez rendu à nos armes leur éclat. Aujourd’hui, vous atteignez le but même de vos efforts et de vos sacrifices. Les victoires de ces jours derniers sont celles que vous attendiez depuis des années, celles qui assurent la Libération de la France. Elles consacrent le renouveau de l’Armée Française se battant pour la cause de la Liberté aux côtés de ses alliés avec les armes puissantes qu’ils ont forgées pour nous.

Votre courage, votre valeur n’avaient plus besoin de témoignages. Et cependant, vous vous êtes surpassés ; emportés par le même élan qui jetait la France dans l’insurrection la plus sainte, vous vous êtes lancés en avant, pour la Libération.

Après avoir foulé avec piété la terre de la Patrie, vous avez libéré la Provence avec l’appui des Forces Navales et Aériennes alliées, dans une rapide Campagne de dix jours, coude à coude avec nos camarades américains ; vous avez chassé l’ennemi de Marseille et de Toulon et poussé vos avant-gardes au delà du Rhône. Plus de 35000 prisonniers, un énorme butin, sont déjà tombés dans vos mains.

Cœurs fervents, qui venez, l’âme haute, des quatre coins de la France et de l’Empire, soyez fiers de votre victoire.

Vétérans des Forces françaises Libres qui n’avez jamais cessé de combattre, Evadés de France qui , au prix des pires souffrances, avez rejoint notre nouvelles Armée, Soldats d’Afrique du Nord brûlant de l’ardent désir de vous jeter dans la bataille et Combattants de la Résistance luttant sans trêve contre l’envahisseur détesté.

Vous, de la 1ère DML, à la fougue légendaire, qui avez fixé l’adversaire dans la banlieue Est de Toulon et qui avez emporté de haute lutte, les puissantes organisations défensives du Mont Redon, des Maurettes, de l’Hôtel du Golfe, d’Hyères, de la Crau, de Lagarde.

Vous de la 3ème DIA, qui avez encerclé Toulon à l’Ouest en même temps que vous pénétriez profondément dans la banlieue Nord ; puis, qui, toujours infatigables, avez conquis Marseille en quatre jours une manœuvre toute d’audace et de rapidité ;

Vous de la 9ème DIC, vainqueurs de l’Ile d’Elbe, qui n’étiez que 500 à peine lorsque, vous enfonçant au cœur même de la Cité de Toulon, vous avez méthodiquement, obstinément, réduit un à un les centres fortifiés de l’ennemi.

Vous les Cavaliers des Blindés et des Motorisés, qui avez participé à tous les combats et qui les avez marqués tous de votre sceau de noblesse et de sacrifice.

Vous, les Tabors de notre cher Maroc, aussi efficaces sur les blockhaus des défenses extérieures de Marseille que dans les Djebels rocailleux.

Vous, les admirables guerriers du Bataillon de Choc, des Commandos et du Groupe Naval d’Assaut, qui avez accompli des prodiges en enlevant le Cap Nègre, le Coudon, le Faron et la poudrière de Toulon, et qui avez fait qu’une fois de plus le mot « impossible » n’est pas français.

Et vous encore, nos camarades des FFI, si chers à notre affection, qui , en haillons et les mains presque nues, avez impitoyablement harcelé l’oppresseur avant de la maîtriser. Partout, vous étiez là, courageux, audacieux ; vous avez été pour nous plus que des frères d’armes, vous avez été d’autres nous-mêmes, des français en qui tous ont reconnu avec une émotion bouleversante, les mêmes idées généreuses, le même ardeur, la même foi qui anime le combat.

Notre Chef Suprême, le Général DE GAULLE, vient de recueillir dans les acclamations pathétiques de la population le fruit de sa clairvoyance incomparable et de son indomptable énergie. Soyez dignes de lui.

Demain, vous chasserez l’ennemi qui chancelle de ces Provinces de l’Est qui sont particulièrement chères à nos cœurs et, chansons victorieuses aux lèvres, vous reprendrez les chemins traditionnels de vos Aînés vers Strasbourg, vers le Rhin.

Le Général DE LATTRE DE TASSIGNY, Commandant l’Armée française du Sud .
 

 

- Les croiseurs "METZ" et "THIONVILLE"

  Daniel THIRION vous transmet ce récit, extrait du livre écrit par Jean COLNAT racontant la vie du seul croiseur qui a porté le nom de notre bonne ville de METZ. Ce livre a comme titre Les croiseurs « METZ » et « THIONVILLE  (Photos INTERNET http://www.battleships-cruisers.co.uk/cruisers3.htm)

Cette communication a été lue à l’Académie nationale de Metz, le 4 mai 1961.

A la fin de la première guerre mondiale, la marine française se trouvait très affaiblie ; après quatre années de combat, elle déplorait onze mille officiers et marins tués ou disparus, et avait subi de graves pertes matérielles. Neufs grands bâtiments et plus de quarante petits, avec une centaine de navires auxiliaires. Ces destructions étaient insuffisamment compensées par l’entrée en service de nouvelles unités, car le pays consacrait ses plus gros efforts aux besoins des armées ; d’autre part, les chantiers navals, privés d’une partie de leur personnel mobilisé, produisaient surtout de petits bâtiments destinés à la lutte contre les sous-marins.

C’est pourquoi, dès l’armistice, le gouvernement français formula le souhait d’incorporer dans notre marine des navires provenant des flottes allemandes et austro-hongroise. De son coté ; l’Italie présenta la même revendication et les alliés admirent en principe la remise à chacun des pays vainqueurs d’un certain nombre de navires ex-ennemis ; un accord interallié du 26 novembre 1919 attribua cinq croiseurs légers et dix Torpilleurs, autant à l’Italie.

Les experts dressèrent en conséquence une liste de trente bateaux allemands et autrichiens que les amirautés françaises et italiennes devaient se partager à l’amiable ; à la suite d’un accord conclu le 13 septembre 1920 entre le vice-amiral Salaün, pour la France, et le capitaine de frégate Ruspoli, pour l’Italie, la marine française reçut quatre croiseurs et neuf torpilleurs allemands, un croiseur et un torpilleur autrichien.

Un mois plus tard, une circulaire du ministre de la marine, datée du 6 octobre 1920, faisait connaître les nouveaux noms des bâtiments devenus français : on avait tenu à honorer l’Alsace et la Moselle récemment reconquises en donnant aux cinq croiseurs les noms de leurs principales villes. Les allemands ‘’Regenburg’’, ‘’Königsberg’’, ‘’Stralsund’’ et ‘’Kolberg’’ devenaient respectivement le ‘’Strasbourg’’, le ‘’Metz’’, le ‘’Mulhouse’’ et le ‘’Colmar’’ ; l’autrichien ‘’Novara’’ devenait le ‘’Thionville’’.

Cet hommage créait un lien symbolique entre nos provinces si terriennes et la marine nationale. Il y avait déjà dans la flotte un cuirassé ‘’Lorraine’’ ; mais cette fois, le rapport était plus directe, puisque les marraines étaient des villes, donc, des communautés organisées.

Peu de cités françaises sont appelées à donner leur nom à des navires de guerre, et l’honneur fait à nos cinq villes de Moselle et d’Alsace était d’une particulière importance. Après plusieurs dizaine d’années, le souvenir s’en est estompé ; il importe de ne pas le laisser disparaître, et on ne peut le mieux fixer qu’en rappelant l’histoire du ‘’Metz’’ et du ‘’Thionville’’ et leurs relations avec leurs marraines.

Le ‘’Königsberg’’, futur ‘’ Metz’’, sortait des chantiers Weser, de Brême ; lancé en 1914, il entra en service en 1916. Il n’était pas le premier du nom dans la flotte allemande, car il avait existé un autre croiseur ‘’Königsberg’’, qui eut une fin malheureuse : en juillet 1915, bloqué par une forte escadre anglaise, à l’embouchure de la rivière Rufigi, en Afrique orientale allemande, il fut mis hors de combat après une bataille de plusieurs jours, et enfin sabordé par son équipage.

Son successeur, celui qui nous occupe, était à la fin de la guerre, le seul survivant d’une série de cinq bâtiments identiques, comprenant avec lui, l’’’Emdem’’, le ‘’Dresden’’, le ‘’Karlsruhe’’ et le ‘’Ürnberg’’.

Mesurant 151 mètres de long, 14,20 mètres dans sa plus grande largeur, il avait un tirant d’eau de 5,10 mètres et un déplacement de 5300 tonnes ; quatorze chaudières Thornycroft, dont six au mazout et huit mixtes, fournissaient 36400 cv, permettant une vitesse de 27 nœuds.

 

Le croiseur ‘’METZ’’ (Ex ‘’KONISGBERG’’)

Les soutes pouvaient emmagasiner 1300 tonnes de charbon et 450 tonnes de mazout.

Le ‘’Königsberg’’, comme les quatre autres de sa série, était destiné à des raids de courte durée en Baltique ou en mer du Nord ; de l’avis des experts, c’était un bon navire, mais il consommait de grosses quantités de combustibles et avait un rayon d’action limité.

Son armement consistait principalement en sept pièces de 150, quatre en abord à l’avant, deux en abord à l’arrière et une en retraite, plus deux 88 antiaériens et deux tubes lance-torpilles.

La protection était constituée par une ceinture blindée de 150 mm au dessus de l’eau, entre les mâts, et de 76 mm des mâts aux extrémités, ainsi qu’au dessous de l’eau entre les mâts et par un pont blindé de 25 mm. Le blockhaus central était blindé à 100 mm, les masques des pièces à 50 mm.

Les principales campagnes du ‘’Königsberg’’ se situent à l’automne de 1917. Après la prise de Riga, le haut commandement allemand décida l’occupation des îles voisines ; on prépara une grande opération terrestre et navale, et le ‘’Königsberg’’ fit partie de l’escadre chargée du débarquement, forte de dix cuirassés et huit croiseurs, sans compter de nombreux petits bâtiments et transports.

Les Allemands remportèrent, dans les détroits du golfe de Riga, une victoire assez facile sur la flotte russe très inférieure en nombre et la lutte ne dura que quelques jours, du 10 au 17 octobre 1917.

Un mois plus tard, le ‘’Königsberg’’, portant la marque du C.A. Von Reuter, participa en mer du Nord à un raid ayant pour but le repérage des filets et des barrages de mines posés par les Anglais ; mais les navires allemands rencontrèrent une escadre anglaise et, au cours du combat, le 17 novembre, le ‘’Königsberg’’ reçut un obus de 380 qui provoqua l’incendie des soutes à combustible.

Après la guerre, et à la suite des négociations citées plus haut, le ‘’Königsberg’’ fut attribué à la France et arriva à Cherbourg le 19 juillet 1920. L’amirauté allemande avait livré ses bateaux avec leur artillerie, comme il lui était imposé, mais interprétant les conventions dans le sens le plus restrictif, elle avait fait retirer les munitions, les instruments indispensables au tir, et en général tout le matériel utile. La France et l’Italie , qui recevaient des navires rendus impropres au combat, protestèrent vivement

. En effet, faute de munitions et appareils de fabrication allemande, il eut fallu remplacer l’artillerie, modifier les machines et les soutes, installer du matériel hétérogène, toutes choses nuisibles à la valeur militaire des bâtiments.

Après de longues négociations entre les Français et les Italiens d’une part, les Allemands , soutenus par les Anglais et les Japonais d’autre part, on obtint enfin la livraison des munitions et appareils allemands. Il restait à faire une révision complète des bateaux cédés : vérifications, réparations, essais.

Le ‘’Königsberg’’, devenu le ‘’Metz’’, le 6 octobre 1920, fut remis en état à Cherbourg, puis envoyé à Brest, où il fit ses essais du 21 octobre au 30 novembre 1921. Confié au Capitaine de frégate Félix Chanvin, il fut affecté à l’escadre de la Méditerranée le 15 mars 1922. La seule modification importante fut le remplacement de deux canons antiaérien de 88 par des 75 français et l’adjonction ultérieure d'une huitième pièce de 150.

Tout aussitôt, il dut partir pour l’Afrique du Nord. En effet, le Président de la République Alexandre Millerand commençait un voyage au Maroc, en Algérie et en Tunisie, et ce déplacement devait être accompagné de plusieurs démonstrations navales.

L’escadre quitta Toulon, fin mars, passa à Oran, puis alla à Casablanca, après avoir détaché le ‘’Metz’’ et le ‘’Strasbourg’’ à la rencontre du navire présidentiel, le croiseur ‘’Edgard-Quinet’’. La division arriva à Casablanca le 5 avril et participa avec le reste de l’escadre à une démonstration devant Rabat le 9 avril. Puis on reparti pour Oran et Alger, où le Président, à bord du Strasbourg, passa une revue navale le 19 avril. Les marines étrangères étaient représentées, notamment par le cuirassé italien ‘’Duilio’’, l’anglais ‘’Benbow’’ et l’américain ‘’Utah’’. Le 24, départ d’Alger : pendant qu’on longeait les côtes d’Algérie, des manœuvres avaient lieu, les sous-marins de Bizerte attaquèrent l’’Edgard-Quinet’’ et le ‘’Metz’’. Après une courte escale à Bône, on prit la direction de Bizerte et les sous-marins et hydravions de la base exécutèrent un simulacre d’attaque le 27 avril.

Au départ de Bizerte, le 8 mai, il faisait un très mauvais temps, qui ne cessa qu’à hauteur de la Sardaigne : quelques navires subirent des dégâts. On fit encore escale en Corse, puis l’escadre rentra à Toulon l, après un exercice combiné avec les sous-marins de Toulon et les patrouilleurs.

Le Metz regagnait le port pour recevoir les représentants de sa ville marraine. Dès octobre 1920, le ministre de la marine avait informé le Maire de Metz du nouveau nom du navire, en demandant pour sa salle d’armes, une reproduction des armes de la ville.

Le conseil municipal avait exprimé ses remerciements. Le 2 février 1922, M. Bourgoin, ingénieur général de l’artillerie navale et président du comité messin de la Ligue maritime et Coloniale, écrivit au Maire pour suggérer que la ville prit le parrainage du croiseur. Il proposait le don d’un objet d’art pour le carré des officiers, ou une cloche, ou d’un pavillon brodé par les dames de Metz, et dont la remise donnerait lieu, comme d’usage, à une cérémonie où la Municipalité serait représentée.

En même temps, le quotidien Le Messin, publiait une série d’article pour appuyer cette idée.

Le croiseur ‘’METZ’’ (Ex ‘’KONISGBERG’’)

« N’est-ce pas un peu de notre pays, écrivait-il le 2 février, un peu de l’histoire des départements désannexés qui flottera ainsi en Méditerranée, en Extrême-Orient ? Pourtant ces noms seraient plus symboliques encore si, suivant une coutume déjà courante en France, les cinq navires de guerre étaient adoptés par les cinq cités lorraine et alsaciennes dont ils portent orgueilleusement le nom ! Metz se doit de prendre sous son parrainage le croiseur Metz…. Le parrainage n’est pas qu’un symbole, c’est une liaison étroite entre la cité et le navire. »

Dans son article du 3 février, le Messin rappelait que des villes, des lycées, des écoles avaient adopté, pendant la guerre, de nombreux navires : le ‘’Paris’’ avait reçu un pavillon brodé par des dames de Paris, Dunkerque parrainait le ‘’Jean-Bart’’.

Et il ajoutait : « Il n’est point indifférent (aux marins) de savoir que la pensée des ‘’terriens’’ les accompagne sur l’eau. C’est au contraire un puissant facteur pour la santé morale des équipages…. Privée de son âme, la flotte la plus formidable ne serait plus qu’une misérable Armada, proie facile pour une escadre moins puissante mais plus vivante. Et l’âme de nos navires, c'est celle du pays, dont ils portent sur mer, le pavillon et la grandeur. L’âme du croiseur ‘’Metz’’, ce sera celle de la Cité ! » Enfin, l’article du 4 février était consacré en grande partie au bateau marchand ‘’Ville de Metz’’, construit à La Rochelle sur l’initiative d’un groupe de commerçants messins et mosellans qui voulaient en faire le plus grand navire du port. Le ‘’Ville de Metz’’, lancé le 29 avril 1854 jaugeait 1200 tonneaux, et sa longueur hors-tout était celle d’un vaisseau de guerre de quatre vingt dix canons- soit 50 à 60 mètres. Le constructeur était Léon Turpain, l’armateur Ferrière et Cie, du Havre et le commandant un mosellan, le capitaine Viller.

L’idée de parrainage était partout accueillie avec ferveur. Le conseil municipal de Metz en délibéra le 17 février ; le Maire , M. Winsback, fit savoir qu’il avait écrit à M. Raiberti, ministre de la Marine pour offrir le parrainage de la ville et le don d’un souvenir. Dans sa réponse le ministre, après avoir remercié, annonçait que le ‘’Metz’’, revenant d’Afrique du Nord, serait à Toulon le 6 mai et pourrait recevoir la délégation messine, qui aurait également l’occasion de saluer le Président de la République.

Le Conseil donna son accord et vota l’achat d’un surtout de table en orfèvrerie, de style Louis XVI, valant 3000 francs. On lui adjoignit ensuite une jardinière gravée aux armes de la ville et portant cette inscription : » Don de la ville de Metz à son filleul , le croiseur ‘’Metz’’, 6 mai 1922 ». Mais une autre demande arriva bientôt et fut examinée par le conseil dans sa séance du 27 février : elle émanait du capitaine de vaisseau Loiseau, commandant du cuirassé ‘’Lorraine’’. Le commandant signalait que le ‘’Lorraine’’, premier navire du nom, n’avait aucune relation avec la province, contrairement au ‘’Bretagne’’, au ‘’Provence’’ ou au ‘’Paris’’. Le seul lien était représenté par l’acier des tourelles qui provenait d’Homécourt.

Aussi, le commandant demandait-il aux six principales villes lorraines, Nancy, Metz, Thionville, Epinal, Bar-le-Duc et Verdun d’offrir des plaques à leur nom, qui seraient placées sur le blockhaus et les tourelles du cuirassé : la plaque ‘’Metz’’, par exemple serait fixée au front d’une tourelle, entre les deux pièces de 340. Il souhaitait aussi quelques souvenirs, notamment, des livres sur la Lorraine, ses villes, ses grands hommes, pour constituer une bibliothèque régionale dont les autres navires de même classe n’avaient pas l’équivalent. Cette requête méritait le plus grand intérêt, mais nous ne savons pas quelle suite elle reçut dans les autres départements, mais le conseil municipal de Metz vota la fourniture d’une plaque de 50 centimètres de haut sur 40 de large, dimensions indiquées par le commandant- en stipulant qu’elle serait faite à Metz, et sans se prononcer sur l’offre d’autres objets.

Pendant ce temps, la section messine de l’Association des Dames de France, que présidait Madame Lentz, faisait broder par ses adhérentes, un pavillon dont les éléments avaient été achetés ,grâce aux collectes faites dans les lycées et écoles supérieures de garons et de jeunes filles, au Sacré-Cœur et à Saint Clément. On l’exposa dans les vitrines de la maison Baudinet, 17 rue Serpenoise.

Le 4 mai, tout était prêt, la délégation messine partit pour Toulon, où elle arriva le lendemain. Elle comprenait huit personnes dont le maire Monsieur WINSBACK,. Le jour même, à 16 heures, elle se rendit sur le ‘’Lorraine’’ avec les délégations de Thionville et de Strasbourg, et remit la plaque portant le nom de la ville. Le Commandant Loizeau, après les remerciements présenta aux visiteurs les Alsaciens et Lorrains de l’équipage puis eut lieu une réception, les femmes des officiers du bord faisant les honneurs. Le lendemain 6 mai, après avoir assisté à la réception matinale du président Millerand à l'hôtel de ville de Toulon, les Messins prirent place à 9 heures sur une vedette qui les conduisit à bord du ‘’Metz’’. Ils furent reçus à la coupée par un officier de l’état-major de l’amiral Salaün, commandant en chef , puis par le capitaine de frégate Chauvin, commandant le ‘’Metz’’. Tandis que la musique jouait la Marche Lorraine, on gagna la plage arrière, où, en présence des officiers et de l’équipage, eut lieu la remise des objets d’art, par Monsieur Winsback, et du pavillon par Monsieur Prével

Le croiseur ‘’METZ’’ (Ex ‘’KONISGBERG’’)

Le commandant Chauvin remercia, au nom de tous, puis la musique joua la Marseillaise. Une réception suivit la cérémonie et les délégués quittèrent le croiseur à 10 heures, après avoir obtenu du commandant la promesse d’une visite à Metz. Une dernière réunion était inscrite au programme : le banquet offert au Président de la République au Foyer du Marin. Monsieur Winsback y prit la parole au nom des trois délégations de Metz , de Strasbourg et de Thionville : il remercia chaleureusement le gouvernement de l’honneur qu’il avait fait aux trois villes en baptisant de leurs noms, des vaisseaux allemands devenus ‘’territoire français’’. « dans cette délicate attention, dit-il en s’adressant à Monsieur Millerand, nous reconnaissons, Monsieur le Président, l’affectueux attachement que vous avez gardé à notre Alsace et Lorraine, dont vous fûtes le bienveillant commissaire général. »

Ainsi se terminèrent les fêtes.

Un mois plus tard, le commandant du ‘’Lorraine’’ envoya à la municipalité une lettre exprimant sa profonde gratitude : il y joignait des photographies prises le 5 mai et, pour les enfants des écoles, un lot de rubans et de cartes postales.

Le ‘’Metz’’ séjourna quelque temps dans les eaux françaises, visitant la Corse et les ports de l’Atlantique et de la Manche. Mais bientôt, une autre mission lui fut donnée. La guerre entre la Grèce et la Turquie, qui sévissait en Asie Mineure, tournait à l’avantage des Turcs. Les fuyards grecs affluaient à Smyrne et un intense bombardement des assiégeants turcs provoqua l’incendie de la ville.

Pour assurer la sécurité de la colonie française, la Marine envoya quelques bateaux sous le commandement de l’amiral Dumesnil. Le ‘’Metz’’ en fit partie. Il était à Smyrne le 29 septembre. Il alla ensuite à Constantinople et à Moudania, et, après un voyage à Toulon, revint à Contantinople le 25 novembre. Rattaché provisoirement à la division navale de Syrie, il passa plusieurs mois dans les ports turcs et grecs et ne revint à Toulon que le 31 mai 1923.

Aucune croisière lointaine n’était à prévoir, et on put tranquillement préparer la visite à Metz, convenu l’année précédente.

La visite de la délégation du ‘’Metz’’ était attendue depuis longtemps. Elle avait pour objet la remise , à la ville, d’une maquette du navire, confectionnée par les hommes de l’équipage. le voyage aux Dardanelles le fit ajourner pendant plusieurs mois. Enfin, on put la fixer aux 17 et 18 novembre 1923. Le Syndicat d’initiative avait pris l’affaire en main : la visite serait combinée avec une cérémonie analogue à Thionville et avec un déplacement de la musique des Equipages de la Flotte. On espérait la venue du Président du Conseil, Monsieur Raymond Poincarré et du ministre de la Marine, et on voulait inaugurer , en leur présence, à l’emplacement de la statue du Feldgrau, un monument commémoratif de l’arrivée des troupes françaises à Metz. Le monument et son emplacement furent critiqués, modifiés et finalement on ne fut pas prêt à temps.

D’autre part, le Président Poincarré et le ministre retenus par des engagements antérieurs déclinèrent l’invitation de la Ville. Les fêtes eurent pour seul objet, l’amitié de la marraine et du filleul, et gagnèrent en intimité cordiale ce qu’elles perdirent en solennité.

La maquette préparée par les marins du ‘’Metz’’, fut exposée à partir du 10 novembre, dans une vitrine de la Maison Prillot, 2 avenue Serpenoise, avec un tableau représentant le croiseur, œuvre du peintre officiel de la marine, Haffnetr, offerte à la ville par la Ligue maritime et coloniale. Le matin du samedi 17, la délégation du ‘’Metz’’ arriva en gare. Elle se composait du capitaine de vaisseau Le Gall, commandant du bâtiment depuis octobre 1922, accompagné de Madame Le Gall, du lieutenant de vaisseau Rey, du mécanicien principal de première classe Venaud et d’une vingtaine d’officiers mariniers et matelots. Elle apportait le pavillon du croiseur. Avec elle, voyageaient la délégation du ‘’Thionville’’ et la musique des Equipages de la Flotte, dirigée par le lieutenant de vaisseau Goguillot.

Le maire de Metz ; M. Jung, le Président du syndicat d’initiative, M. Mesplié, le Président de la Ligue maritime et coloniale, M. Bourgoin, des représentants du préfet et du général-gouverneur, attendaient à la gare, ainsi que des membres de la municipalité et du Syndicat d’initiative de Thionville.

Une réception eut lieu au salon d’honneur de la gare ? On conduisit ensuite les officiers à leur hôtel et es officiers mariniers et matelots, escortés d’un détachement de la garnison, à la caserne Barbot.

 Après le déjeuner , la délégation du ‘’Thionville’’ quitta Metz. Les autres officiers allèrent saluer le général de Lardemelle, gouverneur militaire.

A 17 heures, un cortège partit de la caserne Barbot, pour l’hôtel de ville : les officiers et marins, pavillon déployé, avaient pour escorte, une compagnie du 9ème Génie et la musique de garnison renforcée des clairons du 9ème Génie et du tambour-major du 507ème Char. Par les avenues Joffre et Serpenoise, les rues Serpenoise, du Petit-Paris du Palais, Ambroise-Thomas et la place de la Cathédrale, on parvint place d’Armes, ou fut jouée la Marseillaise. Dans le grand salon de l(hôtel de ville, les autorités se groupèrent sur une estrade : en face d’elles, le pavillon, entouré de sa garde d’honneur. l’ingénieur général Bourgoin, au nom de la Ligue , remit le tableau de Haffner à la municipalité. Le commandant Le Gall offrit la maquette et transmit les compliments de l’amiral Dumesnil. Monsieur Jung remercia et on servit un vin d’honneur.

Dès la veille, l’amiral Dumesnil, commandant l(escadre de la Méditerranée, avait tenu à s’associer aux manifestations de Metz en adressant au maire, depuis Sfax, le télégramme suivant « Commandant croiseur ‘’Metz’’ et délégation vous portent nos pensées. Escadre Méditerranée tout entière et de cœur avec lorraine pendant fêtes anniversaires de sa libération ». Le soir ; Monsieur Léon Salomon, vice-président du Syndicat d’initiative, le président Mesplié étant empêché, offrit un dîner suivi à 20 heures 30, d’une représentation de gala au théâtre. Après que la musique des Equipages, Vivement applaudie, eut fait entendre quelques-unes de ses meilleurs morceaux, on joua une revue, puis un ballet-pantomime et des danses 1850 interprétées par des artistes de l’Opéra. Un souper nocturne au restaurant Moitrier termina la journée.

Le mauvais temps qui s’était manifesté le 17 persista le dimanche 18 en une pluie presque ininterrompue. A la fin de la matinée, les visiteurs, rassemblés place d’Armes, allèrent déposer une gerbe devant la statue du Poilu. On se sépara pour déjeuner, les matelots allant à la caserne Barbot, qui les hébergeait pendant leur séjour, et où ils avaient droit à un ordinaire amélioré, les officiers–mariniers au Cercle militaire de la rue aux Ours. Les officiers rejoignirent les autorités chez Moitrier pour le banquet officiel, que marquèrent au dessert des discours prononcés par le maire, le commandant Le Gall, le commandant Derolin au nom du Comité directeur de la Ligue maritime et coloniale, et le préfet Manceron. 

Il était 14 heures quand un nouveau cortège se forma pour le court trajet de la Place d’Armes au musée. Le préfet, le maire, le commandant et M. Bour, vice-président du Conseil général, marchaient en tête, suivis de huit boy-scouts tenant le dais qui abritait de la pluie le tableau et la maquette portés par quatre matelots ; la délégation du ‘’Metz’’, la musique des Jeunes Ouvrières et les boy-scouts formaient le gros de la troupe. Au musée, le conservateur Clément accueillit ses visiteurs dans la salle du premier étage ; après les avoir salués, il leur exposa les principes de la réorganisation du musée qu’il venait d’achever, et rendit hommage à Monsieur Blondeau, procureur , qui l’avait beaucoup aidé dans ce travail. Il leur fit ensuite visiter les salles. On déposa la maquette et le tableau (*) aux places qui leur étaient réservées. La journée se continua par une réception chez la présidente de l’Association des dames de France, Madame la colonelle Génie. Un dîner offert chez Moitrier par les conseillers municipaux Guenser, Masculier et Robert Henri, et une soirée populaire au théâtre.

Le lendemain, la délégation du ‘’Metz’’, accompagnée de Monsieur Mesplié, partit pour Hagondange, où, avec celle du ‘’Thionville’’ et les musiciens, elle visita les usines. Le soir, le maire de Metz offrit aux officiers des deux croiseurs, une ultime réception chez Mortier, avant le départ du général à 21 heures.

L’année suivante, en 1924, le ’’Metz’’ fut affecté à la 2ème escadres l légère, qui comprenait aussi le ‘’Strasbourg’’. Il fit quelques voyages en Corse et en Tunisie et au mois d’octobre participa à des manœuvres de l’escadre de la Méditerranée, en présence du président du Conseil Edouard Hériot et du ministre de la Marine. Au printemps de 1925, la division légère, commandée par le contre-amiral Hallier, fit une tournée en Méditerranée orientale. En août ; le ‘’Metz’’ transporta d’Orient à Bizerte, puis à Toulon, le ministre de la Marine Monsieur Borel, qui effectuait un voyage d’inspection. mais les événements du Maroc allaient interrompre ces pacifiques randonnées, et appeler le croiseur à une activité combative. On était en pleine guerre du Rif. Les gouvernements français et espagnols avaient décidé, d’un commun accord, la surveillance des côtes du Maroc par les forces navales chargées d’interdire l’importation clandestine d’armes et de matériel de guerre.

Du côté français, cette mission fut confiée à la 2ème escadre légère, composée du ‘’Metz’’ et du ‘’Strasbourg’’, et renforcée de la 5ème escadre de torpilleurs et de canonnières, aux ordres du contre-amiral Hallier.

Cependant, l’escadre dut bientôt participer aux opérations militaires, en prêtant l’appui de son artillerie à des débarquements de troupes. Pour rendre le bombardement plus efficace, on envoya en renfort le cuirassé ‘’Paris’’, armé de pièces de 305, sur lequel l’amiral Hallier transporta sa marque de commandement. Le 6 septembre, rapporte la revue maritime, dans son numéro d’octobre 1925, la flotte attaqua les défenses de Sidi Dris, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest du cap des Trois-Fourches. Le ‘’Paris’’ longea la côte en dedans de la portée supposée des batteries ennemies, pour les obliger é se démasquer, pendant que le ‘’Metz’’ et le ‘’Strasbourg’’, hors de portée de ces batteries, se préparaient à les contre battre. L’une d’elle ouvrit le feu et fut mise hors de combat par l’artillerie du ‘’Metz’

Le 7, l’escadre française effectua de nouveaux bombardements et le 8, elle prit part au débarquement d’importantes forces franco-espagnoles dans la baie d’Alhucema, débarquement qui permit l’occupation de la péninsule de Morro Nuevo, sans grande résistance de la part de l’adversaire. le ‘’Paris’’ reçut cependant six obus.

Après cette opération, le gouvernement espagnol remercia officiellement le gouvernement français de la brillante et efficace collaboration de la division du contre-amiral Hallier.

Le ‘’Metz’’ venait de combattre pour la dernière fois de son existence, et le reste de sa carrière se passa sans incidents notables. Il continua à faire partie, avec le ‘’Strasbourg," puis le ‘’Mulhouse’’ de la 2ème escadre légère, rattachée à l’escadre de la Méditerranée jusqu’à la fin de 1927, puis à celle de l’Atlantique. Les commandants successifs de l’escadre légère en firent plusieurs fois leur navire-amiral.

A partir de 1928, le ‘’Metz’’ cessa de voyager et fut maintenu en réserve à Brest, puis à Landevennec, où il acheva de vieillir.

Notre marine était alors en pleine renaissance, des croiseurs puissants et rapides entraient en service et le ’’Metz’’, avec son faible rayon d’action et son énorme dépense de combustible, devenait peu utile : il n’était plus jeune et ne valait pas les frais d’une modernisation plus coûteuse qu’efficace. Il subit le sort des vieux vaisseaux devenus impropres à combattre. Après la réserve, puis la relégation au fond d’une rade, vint la remise à l’administration des Domaines, en vue de la vente. Ramené à l’arsenal de Brest, le croiseur fut vendu en 1934 à un industriel local pour la somme de 301874 francs.

Tant qu’il y eut à bord un équipage normal, c’est à dire jusqu’en 1929, la ville de Metz manifesta sa sollicitude en envoyant chaque année, une certaine somme destinée aux étrennes. En 1926, par exemple, cette gratification permit l’achat d’un phonographe pour l’équipage et de glaces pour les postes des officiers-mariniers et des matelots.

Quand le croiseur fut mis en vente, le maire de Metz demanda au ministre de la marine le retour des objets donnés par la ville en 1922. Le Ministre préféra les conserver, car, écrivit-il, « je tiens à vous déclarer que mon Département n’a pas abandonné tout espoir de faire revivre le glorieux nom de Metz à la poupe d’une de nos unités » ; Monsieur Vautrin, communiqué cette lettre au Conseil Municipal au cours de la séance du 23 novembre 1934 et, sur sa proposition, l’Assemblée prit la décision qui s’imposait : les objets en cause seraient laissés à la marine, jusqu’il y eut un nouveau ‘’Metz’’. Cet espoir ne s’est pas encore réalisé.

 (*) La maquette à disparu pendant la guerre et le tableau, assez endommagé a été retrouvé en décembre 1960.

 Notes de l’auteur  :

-L’acquisition des cinq bâtiments ex-ennemis avait apporté à notre Nation, un renfort appréciable, car ils vinrent juste à point, relever les vieux croiseurs protégés, âgés de 20 ans et plus, qu’il était grand temps de retirer du service. Avec les trois croiseurs du type ‘’Duguay-Trouin’’, qui les rejoignirent en 1923 et 1924, ils constituèrent pendant plusieurs années l’essentiel des escadres légères.

-Le ‘’Metz’’ et le ‘’Thionville’’ étaient de bons navires. Ils ont été les premiers, et les seuls, à porter les noms de nos cités de Moselle. Ne les oublions pas. Si un jour, la Marine Nationale donne à d’autres unités les noms de grandes villes françaises, peut-être une délégation mosellane ira-t-elle à Brest ou à Toulon porter le salut affectueux de sa marraine à un nouveau ‘’Thionville’’ ou à un nouveau ‘’Metz’’.

  - Décès du Lieutenant de Vaisseau Paul CHIRY

Il était natif de Sainte Barbe, un petit village proche de Metz. Il avait un peu plus de 30 ans, lorsqu’il a été emporté par le courant d’une rivière qu’il traversait, dans le cadre d’un raid. C’était à Nouméa, le 21 mai 2009.

C’était un passionné de mécanique, et après de brillantes études, il s’orienta pour une carrière militaire marine, où il intégra l’Ecole Navale de Brest. Il obtint, au cours d’une formation à l' ENSTA, à PARIS, un master en architecture navale. participa au tour du monde de la ‘’Jeanne’’ et à plusieurs missions en Mer d’Oman.

C’est le 1er août 2008, qu’il fut affecté, en Nouvelle Calédonie, sur le ‘’Vendémaire’’, au poste de Commandant Adjoint où il effectua un excellent travail de remise en état.

Lors de la cérémonie de ses obsèques, on a pu voir combien ce jeune officier était aimé et estimé par les nombreux amis qui s’étaient réunis pour lui dire un dernier ‘au revoir’’.

Les amis de sa promotion, ainsi que les représentant de l’équipage du ‘’Vendémaire’’ ont pu lui rendre un dernier hommage en exécutant un chant traditionnel de l’Ecole Navale ‘’Fistot-ça’’.

Plusieurs Drapeaux étaient présents dont celui des Poilus d’Orient TOE et AFN, des AMMAC de METZ et de SAINT AVOLD, du Souvenir français

Un grand nombre d’officiers de Marine et de Membres des Associations de Marins de Lorraine étaient présents et ont pu lui rendre les honneurs devant un piquet d’honneur du 4ème groupe d’Escadron de Hussards de MONTIGNY-LES-METZ.

Tous les participants à cette cérémonie se rappelleront la mémoire de leur Ami Marin disparu prématurément.

  - "Daum, du verre et des Hommes" par Patrick-Charles RENAUD

Notre Ami et Membre de l’Union des marins de Lorraine, Patrick-Charles RENAUD, nous propose son dernier ouvrage intitulé

‘’Daum- Du verre et des hommes-1875/1986’’

Une édition luxueuse, avec près de 220 illustrations en noir et blanc et en couleurs dont de nombreuses photos inédites.

Il s’agit d’un ouvrage émouvant et richement documenté qui, durant un peu plus d’un siècle, relate la saga de la famille Daum et de ses verriers dans un style agréable, semblable à celui d’un roman : Vous y découvrez d'abord une Lorraine meurtrie, amputée d'une grande partie après 1870 par le voisin germanique dont les rêves de conquête ont ensuite marqué le XXème siècle par deux guerres mondiales. Vous vous promenez dans Nancy devenue « ville frontière » durant presque un demi-siècle, et qui a rapidement prospéré grâce aux nombreux alsaciens et lorrains venus des régions annexées. Vous vivez avec les Daum que rien ne prédestinait à devenir des maîtres verriers dont la renommée est rapidement devenue internationale ; vous les côtoyez avec leurs verriers à la manufacture, mais aussi durant la Première Guerre mondiale et la terrible Bataille de Morhange en août et septembre 1914 qui s'est déroulée aux portes de Nancy, et à l’issue de laquelle la ville fut sauvée in extremis. Vous découvrez les Daum, pionniers de l’Aviation Militaire, notamment Paul Daum qui a terminé la Grande Guerre en tant que pilote, Commandant d’une Escadrille de Reconnaissance, et une Croix de Guerre ornée de cinq citations. Devenu colonel d'aviation de réserve, il s'est engagé dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale avant de disparaître dans un camp de concentration. Vous serez touchés en lisant les lignes consacrées à l'un de ses frères, Jean Daum, officier d’artillerie qui a trouvé la mort au début du mois d’avril 1916 durant la Bataille de Verdun. Vous côtoierez aussi les artistes qui ont fait la renommée de la prestigieuse École de Nancy ; vous vous émerveillerez devant leurs oeuvres dont la valeur ne cesse d'augmenter avec le temps comme en témoignent les ventes encore réalisées de nos jours chez les commissaires-priseurs de France, d'Europe et du monde entier...

Le livre peut être commandé à l'auteur au prix unitaire de 29,00 + participation aux frais de port et d’emballage (1 exemplaire = 5,00 - gratuit à partir de 2 exemplaires), à régler à l’ordre de Patrick-Charles RENAUD par chèque bancaire ou postal.

Patrick-Charles RENAUD – 113, Avenue Foch – 54270 Essey-lès-Nancy.

  - La "Jeanne d'Arc" livrée aux Anglais ?

Article paru dans l'édition du ‘’Monde’’ du 14 Juillet 2009 - Document transmis par Alain GUILLOT, Ami de l’Union des Marins de Lorrain

« Triste », « pénible », « inimaginable » : le porte-hélicoptères emblématique de la marine française pourrait être démantelé par un chantier britannique...

Le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc (© : MARINE NATIONALE)

 

La Jeanne-d'Arc démantelée en Angleterre ? « Ah non ! Pas ça ! » Du simple matelot au chef d'état-major de la Marine, la réaction est la même. Les Anglais ont brûlé la Pucelle d'Orléans en 1431, ils ne dépèceront pas la carcasse du mythique porte-hélicoptères, du petit morceau de France à bord duquel tous les cadres de la marine nationale ont été formés depuis 1964. Que l'ancien porte-avions Clémenceau soit désossé sur le chantier britannique Able UK, passe encore. Mais pas la Jeanne, ce bateau tant aimé, à la fois vaisseau de guerre, navire-école et ambassade flottante.

L'option est pourtant parfaitement réaliste. La Jeanne-d'Arc est usée par l'âge. En décembre, elle quittera Brest pour son quarante-cinquième et dernier tour du monde, avec à son bord 500 Membres d'équipage et plus d'une centaine d'élèves officiers de l'Ecole Navale de Brest. « L'équipage fait des miracles, mais on a poussé la Jeanne jusqu'à la limite du raisonnable, explique le commandant Hervé Bléjean. On n'a pas eu de problème jusqu'à présent, mais il ne faut pas trop tenter la chance. »

Que faire de sa carcasse de 13 000 tonnes, qui contient, comme tous les navires de cette époque, des matières dangereuses, en particulier de l'amiante ? Un musée ? Trop cher ! ! !. L'expérience malheureuse du croiseur Colbert, mis à quai à Bordeaux et fermé en 2006 faute de rentabilité, a servi de leçon. Beaucoup aimeraient voir la Jeanne-d'Arc coulée, comme au combat. « Ce serait la plus belle mort », affirme Didier Decoin, président de l'Association des écrivains de marine. Mais la pratique est interdite par des conventions internationales de lutte contre la pollution des fonds marins, dont la France est signataire. Un projet de transformation en héliport au large de Saint-Tropez n'a pas été retenu.

Reste le démantèlement après lancement d'un appel d'offres européen, comme dans le cas du Clémenceau, marché remporté par Able UK, ! quatre fois moins cher que ses concurrents, donc bien placé pour remporter les suivants. C'est l'option la plus rationnelle financièrement, tous l'admettent. Mais quand les tripes parlent, c'est autre chose. « Un navire découpé en morceaux, c'est un navire dénaturé », dit un officier. Et en Angleterre, c'est encore pire. Les Marins voient déjà leur chère Jeanne « brûlée », « martyrisée », « démembrée » par les Anglais « une deuxième fois ». Ils trouvent cela «triste», « pénible », voire « inimaginable ».

La rivalité des deux marines est légendaire. « Les Anglais sont quand même des Européens, nous avons les mêmes valeurs, temporise le vice-amiral Hubert Jouot, chargé du démantèlement des navires à l'état-major. Mais, ponctuellement, un certain orgueil national se manifeste, comme dans les compétitions sportives. » Il se cristallise, bien sûr, sur le nom du navire. « Un nom magnifique, porteur de la fierté nationale », rappelle un ancien. «Jeanne d'Arc, c'est le cœur de la nation française», dit Pierre-François Forissier, le chef d'état-major de la marine.

Les Marins sont attachés au nom, mais aussi au navire lui-même et à son histoire. La Jeanne a « une âme », disent-ils. Elle s'incarne dans un roulis, une vibration, et surtout une odeur particulière, mélange de ferraille, de gazole et de sueur, dont les marins parlent avec tendresse. « Je ne l'ai jamais retrouvée ailleurs, raconte Xavier Prache, le commissaire du navire, chargé de sa gestion administrative. En débarquant d'une campagne, ma femme m'a dit : «C'est fou ce que tu sens la Jeanne.» ; « C'est un bateau extrêmement attachant, comme une vieille dame », conclut un officier. Il a inspiré de nombreux livres, et même des poèmes.

Pour les officiers de la marine nationale, la Jeanne-d'Arc est un navire initiatique. Pendant leurs trois années de cours à l'Ecole navale, ils sont de simples élèves. A bord, à 20 ans et quelque, ils deviennent des officiers, chargés d'autres hommes. « Quand on prend son premier quart tout seul, on n’en mène pas large », raconte l'amiral Forissier.

« C'est la première confrontation avec la réalité du monde et les gens que nous commanderons plus tard », raconte un ancien. C'est aussi le premier grand départ loin de la famille. Et la première véritable découverte de l'étranger.

Les cinq mois à bord, faits de cours théoriques, d'exercices pratiques et de petites nuits, se déroulent dans l'attente des escales. Chacun garde en mémoire la plus marquante : Dakar, Tokyo, Cochin, Clipperton... Le « passage de la ligne », premier franchissement de l'Equateur, est un rite de passage en soi, qui donne lieu à une cérémonie mêlant une comédie - où Neptune tient le premier rôle - et des épreuves que les initiés préfèrent tenir secrètes.

Le même désir de lointain anime l'équipage. « Je suis entré dans la marine pour la Jeanne-d'Arc, raconte le quartier-maître Yannick Le Bouété. Je travaillais chez Conforama. J'ai eu envie de voir le monde. » C'est pour ces escales que le navire-école garde son attractivité, presque sa magie. Malgré un logement à la dure : les matelots dorment à cinquante par chambre, dans les bien nommées « niches ». Malgré la vétusté du navire et de son mobilier. « On la peint, on la retape, on donne le maximum pour qu'elle soit la plus belle possible, raconte le capitaine d'armes Jean-Jacques Nadon. Elle n'a pas une trace de rouille. Vous avez vu comme elle est magnifique ? »

Les machinistes en parlent aussi avec amour. « C'est une machine à vapeur, extrêmement complexe, explique Didier Nyffenegger, commandant adjoint du navire.

La faire tourner est un challenge. C'est beaucoup plus passionnant qu'un moteur diesel, où il suffit de pousser un bouton. » Rien n'est automatisé à bord de la Jeanne- d'Arc. Cent quatre-vingt matelots se relaient dans la fournaise de la machine, où la température peut atteindre 50 degrés. Etre de sa dernière campagne était « le vœu le plus cher » du commandant adjoint Nyffenegger, comme celui du capitaine d'armes Nadon, du quartier-maître Le Bouété, et de bien d! 'autres à bord.

Faire la campagne, c'est aussi « participer au rayonnement de la France », disent les membres d'équipage. Le navire est un petit territoire français, une ambassade mobile dont les escales ont un rôle diplomatique . « C'est le navire français le plus connu au monde », affirme le commandant. Son parcours change chaque année. Certains pays se plaignent de ne pas la voir assez souvent... Les escales donnent lieu à des réceptions d'anthologie, avec cocktail pour mille invités. La Jeanne-d'Arc participe aussi à des missions pacifiques : aide aux victimes du tsunami de décembre 2004, participation au sauvetage des otages du Ponant en avril 2008. « Cela renforce sans doute son image positive », commente le commissaire Prache.

Voilà pourquoi, dans l'esprit des marins, la Jeanne-d'Arc ne peut finir ses jours tronçonnée sur le sol anglais. « Il faut cesser d'être affectifs, nous suivrons la procédure des marchés publics, rappelle toutefois le vice-amiral Jouot. Le mieux placé dans la compétition l'emportera. Nous n'avons aucune assurance que ce sera le chantier anglais.

Mais la marine semble vouloir temporiser. « On va la garder, en attendant de trouver une solution. On a bien gardé le Clémence dix ans », dit le chef d'état-major de la marine. Le vice-amiral confirme : « La Jeanne-d'Arc ne fait pas partie des navires à démanteler en priorité. »

 

- LE BAILLI DE SUFFREN DE SAINT TROPEZ (1727 - 1788)
PERSONNAGE:

Pierre André de Suffren est né à Saint-Cannat le 17 Juillet 1727, d'une famille salonaise. Il est né le 3 ème fils de Paul de Suffren, alors 1er Consul et procureur du pays de Provence, et de Marie Hieronime de Bruni de la Tour d'Aigues.

Enfant précoce, il est reçu dès 9 ans Chevalier de Minorité, dans l'ordre de Malte en attendant « de faire ses caravanes » à Malte c'est à dire combattre sur les vaisseaux de l'ordre les galères barbaresques. Puis dès l'âge de 14 ans, il est admis à l'Ecole des Gardes de la Marine de Toulon. A 18 ans, il devient Enseigne de Vaisseau n'ayant qu'une seule devise: « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Il est apprécié par Louis XVI qui est passionné par « les choses de la mer « et qui tirera des enseignements de ses découvertes techniques ( rendant les vaisseaux plus performants ).

Vaisseaux de ligne de la Royale au XVIII ème siècle - "Histoire de la Marine" L'Illustration, 1934

Entre 1778 et 1779, il s'illustre dans la guerre d'indépendance américaine (escadre de l'Amiral d'Estaing), puis en 1781 il part défendre le Cap contre l'appétit d'annexion Anglais. Plus tard, ce valeureux provençal, part aux Indes et remporte successivement entre 1782 et 1783, les vIctoires sur les Anglais à :

Providien
Negapatam
Trincomalee
Gondelour

Dès son retour en France, il passe par Toulon, Saint Cannat et Salon de Provence ( municipalité qui commanda son buste à Foucou ). Il reçoit la charge de Vice-Amiral de France ainsi que l'Ordre de Saint-Esprit ; quant à l'Ordre de Malte, ce dernier le nomme Bailli Grand-Croix et ambassadeur auprès de Louis XVI. Alors pressenti pour être Président aux Etats Généraux de 1789, il décède brusquement le 8 décembre 1788 à Paris.  

SON NOM RESTERA « ANCRÉ DANS NOS MÉMOIRES» PAS MOINS DE 7 BÂTlMENTS DE GUERRE L'ONT PORTÉ DEPUIS 1788, DONT LA FRÉGATE LANCE - MISSILES BASÉE EN RADE DE TOULON

(Désarmée en 2001. L'ex-frégate "Suffren" devait être remorquée à l'Île du Levant en Juin 2009 pour y servir de brise-lames).

 

Suffren, l'Amiral Satan

Surnommé ainsi par les Anglais à qui il ne laissa que peu de répit dans l'Océan Indien, le Bailli Pierre André de Suffren, seigneur de Saint Tropez, est assurément l'un des plus grands marins de la France du 18ème siècle.

« Oh pourquoi cet homme n'a-t-IÏpas vécu jusqu'à moi ?J'en eusse fait notre Nelson et les affaires eussent pris une autre tournure. » Ces mots, prêtés à Napoléon 1 er dans son exil forcé à Sainte Hélène, donnent une idée de l'aura dont jouissait Pierre André de Suffren, encore plus de trente ans après sa mort. C'est qu'en 45 ans de navigation, pour l'Ordre de Malte dont il deviendra Bailli (le plus haut grade), ou pour la Marine Royale, Suffren se construisit une solide réputation de pourfendeur d'Anglais..

Mais à la différence du controversé comte de Grasse, son contemporain, c'est dans l'océan Indien, et non lors de la guerre d'Indépendance américaine, à laquelle il participa néanmoins aux côtés du comte d'EstaIng, que Suffren se fit remarquer. Et devint une légende flottante à la hauteur des corsaires de la trempe de Jean Bart, Surcouf et autre Duguay - Trouin.

Pour les Anglais qui avaient fait de l'Océan Indien leur pré carré, les ennuis commencèrent dès 1781. Le 16 avril, en route pour le cap de Bonne Espérance où il doit débarquer une garnison, Suffren, à la tête d'une petite escadre de cinq vaisseaux, surprend la flotte anglaise au mouillage dans la baie de La Praya (Cap Vert). Pour l'intrépide marin, l'occasion est trop belle. Fondant sur les navires ennemis, Suffren leur inflige de sérieux dégâts. Et ce n'est qu'un début...

(Image : Histoire de la marine – « L'Illustration » – 1934 )

 L'année 1782 va en effet s'avérer cauchemardesque pour la perfide Albion. Jusque là sans rivaux sur les mers, les Anglais ne sont plus en sécurité nulle part. Suffren les harcèle et porte des coups fatals au commerce avec l'Inde. Sadras, Provedien, Negapatam, Trincomalé sont autant de victoires pour le marin provençal.

 Le 20 juin 1783, Gondelour vient enrichir encore un peu plus son tableau de chasse.

 Mais le génie de Suffren réside peut être ailleurs que dans son sens tactique et son courage au combat, parfois à la limite de l'inconscience, révélés par cette incroyable campagne des Indes.

 Pour les experts, la grande prouesse du bailli est avant tout d'avoir réussi, loin des grands arsenaux de la métropole, à maintenir la flotte en état pendant aussi longtemps.

Toujours est il que les six victoires citées précédemment lui vaudront, de retour en France en 1784, les plus hautes fonctions au sein de la marine royale.

Le Bailli de Suffren se voit en effet attribuer la charge de vice-amiral. Et le surnom d'amiral Satan par ses martyrs anglais sans doute soulagés à l'annonce de sa mort (d'une maladie mal soignée), le 8 décembre 1788 à Paris.

Source : Ville de Saint-Tropez - L. Rochotte juillet 2009

 

Détail du socle

La statue du Bailli en sa Ville de Saint Tropez

Détail du socle

Photos Léon Rochotte

- Quelques croquis de Personnels électroniques Marine

Libres Extraits de « MARINE » (Revue de l'ACORAM) N°180 - Juillet 1998 - "Vocabulaire de Marine et des marins..."
D'après Jacques TUPET Officier en Chef des Équipages (r)
Illustrations de Max Moulin – Droits Réservés
Par Léon ROCHOTTE (Ancien SM Radio...), pour UML (Juillet 2009)

DÉTECTEUR

Spécialiste de la détection électromagnétique au travers du RADAR son outil de travail. De par sa spécialité récente (... qu'est-ce que 50 -ou 60- ans ?) et savante (... tout est relatif) le Détecteur bénéficia longtemps de l'aura attachée aux technologies nouvelles et en tira une certaine vanité qui lui valut de la part des éléments plus... rustiques de l'équipage le qualificatif peu flatteur d'intellectuel..

Mais, assis bien au chaud dans son Central Opérations - alors que d'autres veillaient à la passerelle. la gueule dans le vent. - le Détecteur s'adonnait aux délices du plottage dans l'obscurité complice de son antre (attention j'ai bien dit plottage et non pelotage) énonçant de temps à autre un quelconque . CPA . dans l'interphone afin de justifier sa présence.  

DÉTECTEUR ASM

A côté de l'Homo detector nous trouvons le Detector Aessemus, espèce voisine qui préfère les délices de la sono à celles de la vidéo, exploitant les ondes acoustiques à partir du SONAR. Ces chevaliers casqués de la lutte ASM ont malheureusement un matériel bien gênant à bord, utilisant soit un bazar en dôme nécessitant de ménager un trou dans la coque avec tous les emm...bêtements que l'on imagine, soit un bazar remorqué, dit poisson, causant mille ennuis pour la navigation, soit enfin un bazar en bulbe interdisant aux Commandants épris de belle manœuvre les accostages rondement. menés qui faisaient la joie des vrais Marins.

RADIO (pour Radiotélégraphiste)

Spécialiste de la radiotélégraphie ou télégraphie sans fil, la TSF. Ce vieux sigle sert d'ailleurs d'insigne de spécialité (peu original) au virtuose du ti-ti-ti-ta-ta depuis la création des liaisons hertziennes au tout début du siècle (NDLR : XXème siècle s'entend...).

Confiné dans son antre derrière la passerelle ou quelque local émission de secours on ne sait où le Radio, cultivant avec talent l'art de vivre heureux en vivant caché, se montre d'une extrême discrétion et on ne le rencontre ni aux corvées ni aux manœuvres générales. C'est un sujet délicat, objet des attentions du commandement et dont il ne faut pas affecter la sensibilité auditive en lui faisant encourir un refroidissement.

Aujourd'hui reconverti en TELRA (NDLR: actuellement SITEL...) il est cependant bien indispensable pour le dépannage des TV du bord. N'est-ce pas suffisant pour qu'il lui soit beaucoup pardonné... ?

 

  - Le cimetière de Mers el Kébir

Le Président Bernard OLIVIER nous a transmis un document envoyé par Monsieur Armand REMY, concernant les sépultures des Marins qui sont morts à MERS EL KEBIR, lors de l’attaque organisée par la Marine anglaise, le 3 juillet 1940, afin, disait-elle, qu’elle ne tombe pas aux mains des Allemands ou des Italiens. Les Anglais n’eurent aucune perte, mais du côté français, plusieurs bâtiments ont été touchés , dont un cuirassé coulé, mais surtout 1297 marins tués. Ces hommes sont enterrés là-bas…………

Voici 3 photos du cimetière qui les a accueillis

La première photo date de 1962, quelques jours avant l’indépendance de l’Algérie. La seconde date de 2005. C’est bien connu, on ne profane pas les cimetières militaires en Algérie.... La dernière date de 2007. Elle montre les travaux réalisés par le Ministère Français de la Défense, qui a été contraint de faire disparaître les croix pour éviter d’autres profanations…avec la bénédiction de l’Etat algérien……………..
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LIENS dignes d'intérêt:

- L'association MEK, "Mers el Kébir" les Marins oubliés : http://gronmeyer1.free.fr/

- CIMETIÈRE CHRÉTIEN DE LAKHDARIA : Une insulte aux morts et aux vivants, l' indignation dans le quotidien indépendant "El Watan" : http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=60104

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"La bataille de Mers el Kébir"

Peinture de MARIN MARIE, peintre de la marine, fac simile extrait du livre qui vient de lui être consacré aux Éditions Librairie des Trois Islets

  - L’AMMAC de SAINT AVOLD ‘’Cdt Alexandre LOFI’’ à OUISTREHAM , (de Stanislas KASIELSKI, Secrétaire de l’AMMAC de SAINT AVOLD)

Du 21 au 24 août 2009, une délégation de 21 personnes de l’Amicale des Anciens Marins de SAINT AVOLD, accompagnée de M. Michel DALLA VIA, Président de l’Association ‘’Nés de la Libération, de M. Jean Marie HUSSON, Délégué Régional FAMMAC Lorraine, de M. Jean Michel DERRIEUX, Vice-Président de l’Union des Marins de Lorraine, représentant l’AMMAC de METZ ,de M. Guy DONNET, Président Fondateur de l’U.M.L. et Administrateur honoraire de la FAMMAC et leurs épouses, se sont rendus à OUISTREHAM.

La journée du samedi a été consacrée à la visite de la ville en matinée, et l’après-midi, une excursion en bus nous a permis d’apprécier l’envergure de l’Opération ‘’Overlord’’ du débarquement des troupes libératrices sur les plages de Normandie, en visitant les musées disséminés le long de la côte.

Le dimanche matin, après la visite du Musée du Débarquement N°4 Commando, la délégation s’est rendue sur la stèle dédiée aux 177 Français, membres de ce Commando franco-britannique, dirigés par le Commandant Philippe KIEFFER. Notre délégation a été accueillie très cordialement par le Président Jacques JOUVE de l’AMMAC de OUISTREHAM et Délégué régional de Basse Normandie, Monsieur le Maire et Conseiller Général de la localité, ainsi que par les Portes-Drapeaux des Associations environnantes.

La cérémonie a débuté par un discours et le prière du Marin dits par le Président Laurent BOUSCH. Une gerbe a été déposée par monsieur le Maire, le Président BOUSCH et Monsieur Léon GAUTHIER, un des derniers membres, encore en vie du Commando KIEFFER. Suivit une minute de silence en hommage à tous ces héros venus d’horizons lointains pour libérer notre pays du joug nazi.

A l’issue de la cérémonie, Monsieur le Maire a exprimé son plaisir de nous avoir accueilli et avec Monsieur Léon GAUTHIER, nous ont cité des anecdotes et détails sur le déroulement du débarquement.

En fin, pour clôturer, un verre de l’amitié nous a tous réunis dans une salle très aimablement mise à notre disposition à l’hôtel MERCURE.

Après le déjeuner, chacun a utilisé le temps restant à sa guise, profitant des dernières heures de climat estival avant le retour en Lorraine.

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Photo prise lors de la cérémonie à OUISTREHAM.

De g à d., sur le 1er rang, on reconnaît Christian DUPILLE, Guy DONNET, Jean-Michel DERRIEUX, Léon GAUTHIER, Martial MICK, le Maire d’OUISTREHAM, Laurent BOUSCH, Stanislas KASIELSKI et Michel DALLA VIA.. Merci a tous les participants que nous ne pouvons pas tous citer.

  - HOMMAGE AUX MAQUISARDS

Samedi 5 septembre 2009

Une délégation conduite par le président Bernard OLIVIER s’est rendue sur les diverses stèles érigées sur la rive gauche de la Moselle, par le ‘’Groupe Lorraine 42’’, afin de rendre un hommage aux Hommes qui sont morts dans les maquis pour défendre notre pays. Ces stèles sont disséminées, en particulier de BAYON à LANEUVILLE, CRANTENOY, GOVILLER, avec le monument au ‘’MENIL MITRY’’, PC du GL 42.

A chaque stèle, un hommage a été rendu par les délégations avec les élus locaux, départementaux, les familles ; des scolaires ; des Anciens Combattants et les porte-drapeaux (de 12 à 18).

Le GL 42 regroupe les Anciens des maquis, dont le plus significatif était celui d’Estienne d’Orves.

L’ensemble des effectifs répartis dans les différents secteurs a compté plus de 850 Membres. Beaucoup de faits résultant de l’activité de ces maquis se sont réalisés, avec la plupart du temps, des pertes humaines.

On se rappellera des nombreuses opérations importantes qui ont permis aux Alliés d’avancer, mais également las représailles allemandes que ces actions ont générées (populations fusillée, massacre, incendies, déportations...)

Il est important de se rappeler de ces combattants de l’ombre, qui ont permis de libérer notre pays.

La délégation était composée du Président Bernard OLIVIER, accompagné de Daniel PREVOT, Jean-Marie HUSSON, Julien SZYLAR, Raymond CAVIN ,Marcel URECK, avec leurs drapeaux, et en particulier notre camarade Henri WAGNER, 87 ans, Ancien Marins (KAROUBA) et Ancien du GR 42, déporté à DACHAU, qui a pu se déplacer grâce à ses enfants.

  - LES LORRAINS DU BOUT DU MONDE

Les Lorrains sont partout, notamment dans la Marine nationale. Il est fréquent en effet de rencontrer plus de dix pour cent de marins d’origine lorraine sur ses navires. C’est le cas sur la FLF « Aconit » (frégate type La Fayette) qui en compte quatorze au sein de son équipage de 155 personnes.

Les Marins de Lorraine de la frégate « Aconit » 

L’activité de leur frégate les a menés au cours de ces deux derniers mois à participer à la mission Baliste de surveillance au large des côtes libanaises. L’Aconit étant prête également à répondre aux éventuelles sollicitations de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban) ou du gouvernement libanais dans un contexte de crise. Nos marins ont participé à de nombreux exercices en commun avec les marines chypriote et libanaise, leur permettant ainsi de diffuser leur savoir-faire et de renforcer la confiance et la connaissance mutuelle entre les militaires de ces pays amis de la France.

Par trois fois leurs escales les ont menés à Chypre et une fois à Beyrouth où ils ont découvert une ville cosmopolite, reconstruite en grande partie ce qui prouve la vitalité des Libanais malgré les tensions politiques actuelles.

Chargés de souvenirs et d’expériences glanées sur les mers du globe, nos Lorrains sont impatients de regagner leur région d’origine dès leurs permissions.

La FLF Aconit F713, possède un site équipage administré par notre confrère Fabien REYMANN ,Instructeur à la PMM Belfort et Président de l’Association des Réservistes de la Marine - Alsace (ARM).

Frégate FLF ACONIT F713 - Crédits: Marine Nationale - Site web : www.fregate-aconit.fr

 

  - 40ème anniversaire du jumelage de l’AMMAC de METZ

 
 

Le capitaine d'un vaisseau de la Royal Navy s'adresse au corsaire SURCOUF :

"Vous, Français, vous vous battez pour de l'argent. Tandis que nous, Anglais, nous nous battons pour l'Honneur !"

Et Surcouf de répliquer : "Chacun se bat pour ce qui lui manque..."

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HUMOUR :

Il est très tôt le matin. Un homme prend le téléphone et appelle pour qu'un taxi passe le prendre et l'amène à l'aéroport.

L'homme patiente environ une demi-heure, puis comme le taxi n'est toujours pas là, il appelle la compagnie de taxis.

Là, on lui dit que le taxi est sur la route... Mais 15 minutes plus tard, c'est toujours pareil alors l'homme appelle la compagnie de taxis pour la troisième fois en vociférant:

- J'ai besoin d'un taxi de tout urgence, je dois prendre le vol 714 de la SABENA pour Sydney et il décolle dans 30 minutes!

- Je suis désolée pour le retard. Votre taxi devrait être là dans quelque secondes maintenant. Mais ne vous en faites pas, vous ne manquerez pas votre avion parce que ce vol décolle toujours avec du retard.

- Oui, c'est sûr qu'il décollera en retard aujourd'hui en tous cas, car c'est moi le pilote!

 

 

  - 95ème anniversaire de la Bataille de MORHANGE - Commune de RICHE 6 septembre 2009

 

La représentation marine

De nombreux Porte-Drapeaux

Les autorités au Cimetière militaire de RICHE

‘’Au Drapeau’’

Recueillement

Discours de M. Robert FORET, Maire de RICHE

Repas pris en commun

Repas pris en commun

 

 
Le Bulletin "Dans le Sillage des Marins de Lorraine" distribué à nos membres est réalisé par Daniel THIRION, Rédacteur en Chef, aidé des différents auteurs signataires

L'adaptation pour le web est réalisé par Léon ROCHOTTE, webmestre

 

 

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