"Objectif Corée" 2 décembre 2003 © MINEFI - DREE

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Actualités :

 - Plus d'ouverture pour plus de croissance
    marie.bonnet@dree.org  
Ratifier l’ALE avec le Chili : un enjeu plus que symbolique…

… lorsqu’il devient nécessaire de diversifier le portefeuille de clients et de secteurs porteurs

Depuis quelques semaines, le Président Roh saisit toutes les occasions pour exhorter les parlementaires à ratifier l’accord de libre-échange avec le Chili avant que se termine la session ordinaire, le 9 décembre. Jamais les autorités coréennes n’ont montré tant d’empressement à l’officialisation de relations commerciales bilatérales. Après avoir beaucoup tergiversé, amorcé de nombreuses études de faisabilité restées sans suite, la Corée du Sud témoigne désormais d’une appétence inédite pour ce type d’accords. Signé en février dernier, l’accord avec le Chili n’attend donc plus que sa ratification par l’Assemblée nationale. Et, en octobre, le Président Roh profitait du sommet des chefs d’Etat de l’APEC pour donner un nouvel élan à des projets un peu assoupis de négociations avec le Japon et puis Singapour.

L’effet Cancun ? Pas seulement

Ce changement d’attitude est moins un revirement doctrinaire qu’une attitude empreinte de pragmatisme. D’abord, il y a eu l’effet Cancun. A savoir que l’échec des négociations à la mi-septembre a laissé planer une ombre sur l’avenir du commerce multilatéral, favorisant la propagation de l’idée selon laquelle si l’OMC ne devait plus pouvoir jouer pleinement son rôle, le mieux pour chaque pays serait d’assurer ses arrières en développant des accords bilatéraux, voire régionaux. La Corée était à la mi-septembre l’un des très rares Etats membres de l’OMC à n’avoir pas encore joué cette carte. Même si elle proclame encore une foi inébranlable dans le multilatéralisme, elle ne souhaite pas non plus négliger les solutions de repli.

Mais elle y est aussi incitée par la situation et la structure de son économie. Fin novembre est tombée la nouvelle très attendue de la sortie de la récession : après un premier semestre de croissance négative, la conjoncture s’est retournée entre juillet et septembre où l’activité économique a connu un taux de croissance de 1,1% par rapport au deuxième trimestre. Et que lit-on dans ce résultat ? Que l’économie sud-coréenne est presque exclusivement tirée par son commerce extérieur. Mais aussi que ce dynamisme des échanges demeure très concentré.

La nécessité de la diversification

En effet, cinq secteurs – semi-conducteurs, équipements de télécommunications, automobiles, ordinateurs et construction navale – assurent à eux seuls près de 43% des exportations, pour un montant avoisinant 67 milliards USD. En termes de destinations, le regain des échanges est essentiellement le fait d’un seul partenaire commercial, la Chine : la valeur des exportations sud-coréennes vers la Chine a crû de 48,6% sur les trois premiers trimestres.

Afin que cette concentration, à la fois sectorielle et géographique, ne se transforme en dépendance, l’engagement résolu de la Corée du Sud en faveur d’un certain activisme bilatéral pourrait avoir une portée plus que symbolique.


Secteurs :

 - Le gazoduc d'Irkoutsk devrait passer par la Mer Jaune
    marc.leprince@dree.org   
Le parcours du gazoduc via la Mer Jaune apparaît plus rentable qu’un passage par la Corée du Nord.

Selon les estimations de KOGAS (Korea Gas Corporation), la consommation de gaz naturel liquéfié (GNL) en Corée du Sud a atteint 17,7 millions de tonnes en 2002, soit 13,6% d’augmentation sur un an. 18 ans après ses premières importations, la Corée du Sud est en 2003 le 2ème importateur au monde de GNL, derrière le Japon. La Corée, qui importe aujourd’hui intégralement son gaz naturel par voie maritime, cherche depuis quelques années à diversifier ses approvisionnements et à réduire les coûts de transports via la construction d’un gazoduc.

En décembre 2000, KOGAS, China National Petroleum Corp. (CNPC) et Russia Petroleum (détenue à 63% par TNK-BP) ont signé un accord établissant l'exploitation conjointe du gisement de gaz naturel de Kovytka, d’une capacité prouvée d’environ 1 milliard de tonnes, et situé à 450 km au nord de la ville d'Irkoutsk en Sibérie. Le consortium coréen en charge de ce projet est composé de 9 entités : KOGAS, LG Corp., KNOC, Hyosung, Daesung Industrial, Daewoo Construction, Hyundai Corporation, Daewoo International et Hanwha.

Pendant 30 ans, ce gisement de gaz naturel devrait fournir annuellement à la Corée du Sud 7 millions de tonnes de Pipeline Natural Gas (PNG), soit 30,4% de sa demande annuelle en gaz naturel, et permettre d’abaisser les coûts d'importation de gaz naturel d'environ 25% à 30%.

D’après les conclusions de l'étude de faisabilité, présentées le 14 novembre 2003, le gazoduc devrait passer par la Mer Jaune (318 kilomètres immergés) pour alimenter la Corée du Sud. Le passage initialement envisagé par la Corée du Nord serait plus coûteux …et plus risqué. Le tracé exact n’est cependant pas encore officiellement arrêté. Il reste encore aux autorités chinoises, russes et sud-coréennes à s’entendre sur le parcours, mais aussi sur le partage des coûts de construction et le prix de vente du gaz. Les travaux de construction de ce gazoduc de 4 238 kilomètres devraient s'étaler de la mi-2004 à 2010 et se chiffrer à plus de 9,3 milliards d’euros.

 

 - Produits laitiers : le thermisé peut faire son entrée !
    eric.loubet@dree.org   
De nouvelles définitions sur la stérilisation, pasteurisation et transformation des produits alimentaires

Depuis décembre 2002, la Mission Economique de Séoul et le Ministère de l’Agriculture en France s’efforçaient de convaincre les autorités coréennes d’assouplir la réglementation coréenne sur l’importation de produits laitiers, pour permettre non seulement aux produits laitiers thermisés mais également aux fromages au lait cru, d’entrer sur le territoire sud-coréen. Une première victoire semble dorénavant acquise. En effet, les services vétérinaires ont redéfini les notions de stérilisation, de pasteurisation et de transformation des produits alimentaires. A la lecture du document, il semble que les produits laitiers dont le lait serait traité entre 57 et 68°C pendant 15 secondes seraient désormais considérés comme présentant des garanties suffisantes pour que les autorités coréennes en acceptent l’importation sur le marché.

Un nouveau certificat conforme à la réglementation à mettre en place

La traduction du texte réglementaire a été transmise le 28 novembre 2003 au Ministère de l’Agriculture à Paris pour qu’un nouveau certificat sanitaire soit rédigé et, par la suite, accepté par les autorités coréennes. Une fois cette démarche effectuée, les opérateurs français pourront alors proposer de nouveaux produits laitiers à leurs interlocuteurs coréens et prospecter, sous un nouvel angle, le marché des produits finis (fromages pour le consommateur final), mais surtout le marché des industries de la transformation avec du fromage utilisé en tant qu’ingrédient.

Prochain objectif : permettre l’exportation de fromages au lait cru…

Comme le font actuellement les autorités italiennes pour le Parmesan, dont le procédé de fabrication ne correspond pas aux nouvelles définitions, cette Mission Economique concentrera désormais ses efforts à faire accepter une liste de produits laitiers au lait cru (ou un certificat spécifique) pour accroître la présence française sur le marché.

 

 - LG Card sauvé de justesse de la faillite
    hubert.frederic@dree.org   
L'annonce d'un plan de restructuration de la société LG Card a confirmé que la crise du secteur des cartes de crédit ne se résout pas aussi rapidement et facilement que prévu.

Malgré le plan de restructuration, les marchés financiers et les analystes restent sceptiques quant à la capacité de LG Card à revenir à un niveau satisfaisant de liquidités.

La sous-comptabilisation chronique des "délinquants" ne permet pas d'avoir un éclairage précis sur la situation et le travail restant à accomplir.

Immédiatement après que LG Card a dû suspendre pour ses usagers la possibilité d'avance en liquide, suite à une situation d'illiquidité provoquée notamment par une échéance de remboursement de 300 Mds wons à l'assureur Kyobo Life, les 8 banques commerciales créancières de LG Card (NACF, Kookmin, KDB, Woori, Chohung, Hana, Shinhan, Industrial Bank of Korea) et les actionnaires de la société ont annoncé un plan de restructuration portant sur :

1/ un prêt par les banques commerciales de 2 trillions de wons (1,7 Mds USD) ;

2/ une augmentation de capital de 1 trillion de wons (830 millions d'USD), à réaliser en deux temps, 300 Mds wons en décembre et 700 Mds wons début 2004 ;

3/ le placement en garantie collatérale par M. Koo Bonmoo, de la famille fondatrice de LG, de 5,46% de LG Corp, la holding du groupe, de 4,4% de LG Investment & Securities et de 16% de LG Card, détenus en propre. Si LG Card ne parvenait pas à honorer ses engagements, les créanciers pourront s'approprier ces actions, ce qui conduirait à une perte de contrôle du groupe LG par la famille fondatrice ;

4/ le licenciement de 25% du personnel (8400 employés) et la fermeture de 50% des succursales. LG Card espère ainsi économiser 30% de ses frais d'exploitation.

Standard & Poor's estime que le capital net de LG Card est actuellement négatif de 2 à 3 trillions de wons (-1,7 à –2,5 Mds USD). La dette totale de LG Card se monte à 20 trillions de wons (16,7 Mds USD) dont 2 trillions (1,7 Mds USD) exigibles avant la fin de l'année et 5 à 7 trillons en 2004 (5,2 à 5,8 Mds USD).

Autant d'éléments qui font douter de l'efficacité du plan annoncé. LG Card est désormais à la recherche d'un investisseur stratégique, voire d'un repreneur. Les noms de General Electric, HSBC, Newbridge Capital circulent actuellement.

Le nombre de personnes n'ayant pas honoré leurs échéances de remboursement de crédit est passé de 2,450 millions fin 2001 à 2,636 millions fin 2002 (+8%) et 3,346 millions fin juillet 2003 (+27% en 7 mois). 62% des "délinquants" sont en défaut de paiement sur des cartes de crédit. Entre fin 2001 et juillet 2003, le nombre de "délinquants" sur cartes de crédit a doublé, passant de 1,042 million à 2,070 millions de personnes. Le taux de créances douteuses des sociétés de cartes de crédit est passé de 7,3% fin 2001 à 8,4% fin 2002, et dépasse 15% depuis février 2003. Mais le problème semble plus important : un nombre considérable de porteurs de cartes de crédit se sont vu offrir, à l'automne 2002, la possibilité d'un refinancement sur un an, et n'ont de ce fait pas été classés comme "délinquants" alors même que leur capacité de remboursement était en doute. Ainsi, le taux de créances douteuses de LG Card, 11% officiellement, dépasserait en réalité les 40%.


Annonces 2ème appel d'offres : Programme de coopération scientifique et technologique franco-coréen S.T.A.R.

Contact : ccfscience@ambrance-kr.org

L’objectif de ce programme est de faciliter et de développer une coopération scientifique et technologique de haut niveau entre les laboratoires de recherches français et coréens en favorisant des échanges de chercheurs (missions de courte durée et organisation de séminaires franco-coréens). Les projets prioritaires s’inscriront dans les domaines suivants : sciences de la vie et biotechnologies, sciences des matériaux et nanotechnologies, sciences et technologies de l’information et de la communication et sciences de base (chimie des substances naturelles).

http://ambafrance-kr.org/centre/fr/science/star-project/index.html

Statistiques

PIB 2002

422,2 milliards USD

PIB/habitant 2002

10.013 USD

Chômage

3,3% (octobre 2003)

Inflation

3,4% (novembre 2003)

Won / Dollar

Won / Euro

1.198,1 (18/11/2003)

1.435,1 (18/11/2003)


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Directeur de la publication :Yves de Ricaud yves.dericaud@dree.org 
Revue par yves.dericaud@dree.org 
Date de parution : 2 décembre 2003
Abonnement : en ligne http://www.diffusion.dree.org/ e-mail : izabel.deuff@dree.org 

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