"Objectif Corée" 11 février 2004 © MINEFI - DREE

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Actualités :

 - Vive l'export !
    yves.dericaud@dree.org  
Le dynamisme des exportations...

Le gouvernement coréen espère pour cette année un montant d'exportations de 226 milliards de dollars, soit une augmentation de 15% par rapport à 2003.

Cette croissance forte et continue (elle avait été encore plus élevée en 2003, à 21%) devrait être particulièrement sensible pour les produits électroniques : pour le seul mois de janvier, la progression dans ce secteur a été de 32%, à 7,2 milliards de dollars.

... qui contraste avec le marasme de la consommation

Le gouvernement est d'autant plus anxieux de voir les exportations maintenir leur rythme de progression que la crise des cartes de crédit, qui handicape la consommation des ménages, n'est pas encore réglée. On continue de se disputer, entre créanciers, sur le point de savoir si les banques coréennes, propriété d'actionnaires étrangers (Korea Exchange Bank et Koram Bank, respectivement contrôlées par le fonds américain Lonestar et par JP Morgan conjointement avec Carlyle) seraient ou non admises à participer au tour de table des "sauveteurs" financiers de LG Card. Et on annonce que le taux de défaillance des titulaires de cartes de crédit continue d'augmenter

...est stimulé par la Banque Centrale...

D'où les déclarations rassurantes et concordantes du ministre des Finances et du gouverneur de la Banque Centrale sur la capacité de l'économie coréenne à maîtriser les pressions inflationnistes et à maintenir l'indice des prix à la consommation en-dessous de 3% : nul besoin, dans ces conditions, de relever le taux d'intérêt au jour le jour, sous peine de provoquer une hausse du won par rapport au dollar et aux autres devises, et de porter atteinte à la compétitivité des exportations. D'ailleurs la Banque Centrale veille bien, par ses interventions, à maintenir la parité won/dollar autour de 1200. Résultat : en un an et du fait de la chute du dollar, le yen et l'euro se sont appréciés respectivement de 13% et de 20% par rapport au won...

... et par le gouvernement...

Et pour enrayer la hausse des prix des consommations intermédiaires importées par les exportateurs, le gouvernement se propose d'abaisser les droits de douane qui leur sont imposés, voire de supprimer les tarifs sur les importations de nickel et d'aluminium. Il injectera aussi 1,3 milliard de dollars pour financer les PME exportatrices. Enfin pour achever de ne pas désespérer les exportateurs, le Ministre des Finances annonce (pour la dernière fois ?) la ratification imminente de l'accord de libre-échange avec le Chili.

... et permet de soutenir la croissance.

Ces mesures et ces annonces apparaissent d'autant mieux venues que les anticipations des entrepreneurs de court terme ne s'améliorent pas, du moins si l'on en croit l'indice ad hoc de la Banque Centrale. Principale explication de ce regain de pessimisme : la hausse des prix des matières premières et produits importés, précisément. Quant à l'augmentation des salaires horaires (+9, 7% en 2003), elle reste nettement plus rapide que celle de la productivité (+5%).

La compétitivité de l'industrie coréenne est-elle menacée ? A court terme non, la Banque centrale et le gouvernement y veillent. Mais, tôt ou tard, le nécessaire ralentissement des coûts salariaux risque de conduire à une confrontation avec les syndicats...


Secteurs :

 - Les autorités sud-coréennes arriment le won au dollar
    hubert.frederic@dree.org  
La Banque Centrale de Corée intervient sur le marché des changes pour contrer une nette tendance à l'appréciation du won par rapport au dollar

Les réserves internationales sud-coréennes, 4èmes réserves mondiales, couvrent 9 mois d'importations de biens et services, contre 2 lors du déclenchement de la crise de 1997.

Ce n'est un secret pour personne : la Banque Centrale réalise ces derniers temps d'importantes interventions sur le marché des changes pour empêcher toute appréciation significative du won par rapport au dollar (et donc par rapport au yuan), afin que les exportations sud-coréennes ne pâtissent pas de la faiblesse croissante du couple dollar-yuan. Les opérations privées de change du dollar en won sont nombreuses et entraînent une nette tendance à l'appréciation de la monnaie coréenne : la Banque Centrale intervient pour rétablir l'équilibre entre offre et demande, en achetant massivement des dollars (elle stérilise par la suite les wons induits par ses achats, afin d'éviter toute instabilité monétaire).

Par rapport au won, le yen s'est apprécié de 14% en un semestre et l'euro de 20% en un an.

Le taux de change won / USD évolue depuis la mi-2002 dans une fourchette comprise entre 1150 à 1250. De janvier 2003 à janvier 2004, la variation de ce taux est presque nulle. Parallèlement, le taux de change won / yen, resté aux alentours de 120 / 100 de la mi-2002 à la mi-2003, atteint aujourd'hui 105 / 100 soit près de 14% d'appréciation de la monnaie japonaise par rapport à la monnaie coréenne en un semestre. Quant à l'euro, d'un taux de change avoisinant les 1200 wons / euro début 2003, il s'échange désormais à près de 1500 wons, marquant une appréciation de plus de 20%.

Le won structurellement sousévalué ?

Au delà de la faiblesse conjoncturelle du dollar et de la volonté des autorités d'arrimer le won à la monnaie américaine, on peut probablement parler d'une sous-évaluation structurelle du won depuis 5 ans. La crise asiatique aura en effet provoqué une baisse nominale du won par rapport au dollar de 50% (de 800 wons / dollar à 1200), de 30% lorsque cette évolution est corrigée de la différence d'évolution des prix à la production aux Etats-Unis et en Corée du Sud... Cette dépréciation en termes réels a été largement encouragée par les autorités (et entretenue par la Banque Centrale, dont les réserves internationales ne cessent de croître), pour se prémunir notamment contre une nouvelle crise de balance des paiements. Les réserves internationales sud-coréennes s'élèvent à 155 Mds USD fin 2003, soit près de 8 fois leur niveau historiquement bas de 1997. Les réserves sud-coréennes sont les 4ème réserves mondiales, après le Japon, la Chine et Taiwan.

 

 - La génération WINE: des seniors jeunes et actifs
    benjamin.coeffic@dree.org  
Moins de 5% des publicités télévisées sont exclusivement consacrées aux seniors

La Corée aime donner un nom à certaines catégories d'âge qui composent sa population : "génération N" (comme Numérique), ou encore "génération P" (Passion/Participation). Point commun de ces appellations : elles désignent avant tout des jeunes, considérant qu'ils sont le moteur des changements de la société. Le rôle des personnes âgées, gardiennes des traditions, semblait devoir rester immuable, mais les choses changent.

Les 44-65 ans représentent 34,2% des clients des grands magasins, en progression annuelle de 2 à 3 points

Les jeunes seniors coréens hommes et femmes (44-65 ans), hommes et femmes, refusent d'être considérés comme des "anciens". Ils souhaitent profiter au maximum de la vie et occuper leur temps libre par de nombreuses activités.

On les baptise désormais "génération WINE" : Well-Integrated New Elder. Cette appellation est aussi liée au goût relativement nouveau que ces jeunes seniors ont pour le vin, boisson raffinée et "branchée". Les quatre caractéristiques principales de cette génération sont :

  • un pouvoir de décision au sein du ménage détenu par la femme. Si le mari gagne 60% des revenus du foyer, la femme en dépense 60%.
  • un intérêt marqué pour les nouvelles technologies.
  • la priorité donnée au couple, plus qu'à la famille.
  • un goût prononcé pour les activités sportives et les loisirs.

Cette tendance croissante à l'hédonisme et au culte de la santé chez des consommateurs au pouvoir d'achat élevé peut présenter un réel intérêt pour les exportateurs de produits tels que : les cosmétiques, les articles et équipements de sport et de fitness, les produits bio... Le maître-mot de cette nouvelle attitude, pour les chercheurs en marketing, est "WISER" : Woman, Itself, Safety, Evergreen et Relationship.

Le revenu complémentaire à la retraite est une raison importante pour poursuivre leur activité professionnelle

Cette envie de rester jeune fait qu'ils ne sont pas pressés de partir à la retraite : un récent sondage réalisé auprès des 50-60 ans montre, qu'en moyenne, ils souhaitent travailler jusqu'à l'âge de 68 ans. Les deux raisons principales avancées sont qu'ils aiment travailler et qu'ils pensent que le travail les maintiendra en bonne santé.

 

 - L'industrie du disque victime de l'internet
    guillaume.briand@dree.org  
Marché de l’édition musicale : CA en Md KRW
  • 2003 190
  • 2002 286,1
  • 2001 373,3
  • 2000 410,4

Source : RIAK

Sites de téléchargement :
  • - clikbox (groupe Yedang),
  • - ilikeipop (SM Entertainment),
  • - mylisten.com (YBM Seoul),
  • - jukeon (Neowiz).

Coût moyen : abonnement mensuel (2 ) puis 0,47 par téléchargement.

Contrairement à la France, il n’existe pas en Corée de système de Rémunération pour Copie Privée (RCP) (taxe sur les supports vierges).

Depuis 2000, les industriels du disque regroupés au sein de la Recording Industry Association of Korea (RIAK) assistent, impuissants, à l’effondrement du chiffre d’affaires du secteur. Celui-ci est en effet passé de 410,4 Md KRW en 2000 à 190 Md en 2003 (environ 140 M ). Premiers incriminés : l’internet et les services de P2P (NDLR: peer to peer). Les professionnels estiment que ces échanges de fichiers (téléchargements inclus) représentent au moins 40% du trafic internet en Corée, pays où «surfer sur internet» se conjugue uniquement avec haut débit : 70% des ménages sont connectés à l’internet via une solution haut débit. Autres indicateur inquiétant, le nombre d’albums ayant franchit la barre des 100 000 ventes était de 26 seulement en 2002, contre 81 en 2000.

Palmarès des 100 meilleures ventes : les artistes coréens représentent 80% des titres.

Simultanément, les sites internet qui proposent en toute légalité le téléchargement de musique rencontrent un grand succès. On en dénombre 4 en Corée, dont 3 filiales de maisons de production locales, le dernier dépendant d’un portail internet. Leurs catalogues comprennent en moyenne 200 000 à 300 000 titres coréens et 50 000 titres étrangers. Ces sites, tous créés il y a moins d’un an, annoncent aujourd’hui des chiffres très encourageants : plusieurs centaines de milliers de téléchargements pour un même artiste en quelques semaines. Ce n’est donc pas l’industrie de la musique qui va mal, mais celle du disque ! Car désormais la musique se consomme au format MP3. En l’espace de 4 ans, les ventes de lecteurs MP3 ont progressé de 1000%, passant de 40 M KRW en 1999 à 416,4 Md KRW en 2002 (310 M ).

Pour se prémunir contre les risques de piraterie, ces quatre sites utilisent différents systèmes de protection DRM (Digital Rights Management solution), tous issus de technologies développées localement. Ainsi, en fonction de la politique commerciale retenue, le fichier téléchargé pourra être protégé pour

a/ n’être utilisable que sur l’ordinateur de la personne qui l’a téléchargé,

b/ être transférable dans une certaine limite (jusqu’à 2 transferts).

Quant au transfert sur un lecteur MP3 (via un port USB), il est rendu possible grâce au logiciel Netsinc, développé par la société Inka Entwork, que la quasi-totalité des fabricants coréens de lecteur MP3 ont adopté et intégré dans leurs produits.

Reste que cette solution technique interdit le transfert d’un lecteur MP3 vers un autre ordinateur. La chaîne des transferts n’est donc pas infinie.

La Corée a une bonne marge de progression en matière de respect de la propriété intellectuelle. Mais si elle décidait de retenir un secteur pour améliorer sa réputation, elle pourrait bien choisir l’industrie du disque. D'abord parce que dans cette industrie, il est surtout question d’intérêts coréens.

Comme en France, la loi coréenne sur le copyright prévoit une exception pour la copie à usage privé.

Ensuite parce qu’en matière d’ «équipements électroniques», la Corée vit en relative autarcie. De fait, si les autorités décidaient de rendre plus difficile le piratage en imposant aux fabricants locaux certaines obligations techniques, c’est la quasi-totalité des produits électroniques vendus en Corée qui seraient concernés. Mais tout cela est subordonné à un engagement politique. Et c’est peut être là le problème.


- Publications

Disponibles sur le site de la ME : http://www.dree.org/coree

  • Le droit des sociétés en Corée du Sud : principaux éléments
  • Les moyens de paiement en Corée du Sud
  • Emploi et législation sociale en Corée du Sud
  • Eléments de fiscalité en Corée du Sud
  • Le télé-achat en Corée du Sud

Etudes disponibles auprès de la librairie du CFCE : commercial@cfce.fr

  • Le guide des grands groupes en Corée du Sud
  • Les équipementiers automobiles en Corée du Sud.
  • Guide-répertoire : Les importateurs de viande de porc en Corée du Sud
  • Le secteur ferroviaire urbain en Corée du Sud

 


Statistiques

PIB 2002

422,2 milliards USD

PIB/habitant 2002

10.013 USD

Chômage

3,6% (décembre 2003)

Inflation

3,4% (décembre 2003)

Won / Dollar

Won / Euro

1.176 (27/012004)

1.466 (27/01/2004)


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      Mission Économique de Séoul
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Directeur de la publication :Yves de Ricaud yves.dericaud@dree.org 
Revue par marie.bonnet@dree.org   
Date de parution : 21 janvier 2004
Abonnement : en ligne http://www.diffusion.dree.org/  -  Email abonnement : ji-yun.jun@dree.org   

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