SÉOUL-PARIS-SÉOUL : 2ème partie

De PARIS à GOA...

 

Miae&louis Studio

124-1 Itaewondong, Yongsan-Ku, Séoul, Corée
   Tel :  +82 2 749 87 35, 
Mobiles :  Jean-louis  82 11 471 32 82  -  Mi Ae        82 16 272 32 82
Email : seoulparis@asia.com

 

MiAe et Louis: Retour vers Séoul.

 

Après un voyage Séoul-Paris par la route minutieusement organisé des mois à l'avance avec une équipe de travail photo-video, nous avons décidé de ne pas rentrer à Séoul en Avion, comme prévu, mais d'improviser un retour par la route du sud, juste Mi Ae, les enfants, cocotte et moi.

Nous avons repris la route depuis Paris, mi- janvier 2002, avec mille francs en poche. Rejoins à Nice par une équipe de magazine de mode coréenne, où le bus a repris sa fonction première de studio mobile pour quelques jours, nous avons gagné assez d'argent pour atteindre Istanbul.

La-bas le consulat indien était formel : "la frontière pakistano-indienne est fermée, si vous voulez aller en Inde prenez l'avion". Ca en plus de tous les talibans en cavale au Pakistan de l'ouest et des rentrées d'argent au compte goutte la progression vers l'est paraît bien incertaine.

Hyundai Assan à Istanbul a un département de véhicules lourds. Ils ont fait de leur mieux pour réviser le bus, presque gratuitement. Les Turcs parviennent aussi à réparer notre groupe électrogène en panne depuis trois mois alors que tant d'autres avaient échoué auparavant.

Cela nous met du baume au cœur, nous partons : " On verra à Islamabad ! "

L'Anatolie est couverte de neige et s'est difficile de promettre les cocotiers a Marc dit Igouroum. Je lui dis qu'on essaye.

A la douane iranienne commence une série de passages de frontières successivement de plus en plus difficiles : Dans cette région du monde un carnet de passage est exigé pour les véhicules et la Corée n'en délivre pas.

En plus ce n'est pas une voiture de tourisme !

Les routiers iraniens sont sympas, ils aiment parler de leurs voyages en Europe ils nous invitent a boire le thé bien au chaud dans leur cabine, Igouroum s'intéresse, demande à voir les énormes moteurs…ainsi passent les jours bloqués a la douane iranienne. Un matin Igouroum, pausant soudain au milieu de son exercice de maths : "Papa je te l'avais dit c'est impossible….Laisse tomber, on n'y arrivera jamais… On ferait mieux de retourner chez ma grand-mère a Paris !"Papa a la pression

Quelques heures après, ils nous ont assez vus, et nous donnent sept jour pour traverser l'Iran. Nous devons payer un transitaire pour les papiers mais nous échappons de justesse a une taxe routière de quatre cent dollars qui vise à compenser la presque gratuité du carburant et des routes…

L'hiver en France, on est récompensé par le sud après quelques centaines de kilomètres d'autoroute. Après Ankara il nous faudra rouler plus de trois mille kilomètres pour échapper à l'hiver continental .

Au sud-est de l'Iran, une descente interminable, tout droit comme un grand toboggan, nous quittons enfin les hauts plateaux, en bas une oasis, des dattiers, il fait bon, la cuve d'eau ne gèlera plus nous pouvons prendre une douche.

Il y a un camping car garé dans la ville de Bam, seul à bord, Manfred rentre d'un voyage en Inde. La frontière est donc ouverte au moins dans un sens !

A la frontière pakistanaise, les douaniers se disent incompétents pour traiter le passage du véhicule. Un employé pachtoune nous escortera jusqu'à Quetta : il faut y arriver le jour même "for your safety !" Nous partons à midi, Jusqu'à Quetta : Six cent kilomètres de route à une voie, parfois plus et parfois même pas. Après un plein de diesel des Pakistanais se photographient avec Mi Ae, au-dessus de leurs têtes bien alignées, dans le ciel tout bleu passe un gros avion escorté de deux plus petits.

" Americans, boum boum " m'informe le pachtoune, son anglais se limite à ça, d'ailleurs rien ne le distingue à nos yeux des talibans que les avions poursuivent : Il a une grande barbe et un turban. Nous roulons, en cas de croisement, le plus petit laisse la route au plus gros, a taille égale s'est le moins gonflé qui va s'abîmer les vertèbres dans le bas coté, le Pachtoune s'endort, la nuit tombe, l'armé signale sa présence, au-dessus de nous dans les montagnes, par des signaux a la lampe de poche, Mi Ae veille et me rappelle les cas échéants de pas oublier qu'ici on roule à gauche.

Nous resterons bloqués huit jours au bureau des douanes de Quetta, le collecteur chef nous a dans le nez, vraisemblablement, en plus il est terrifiant avec son look barbe rousse au hénée. Après avoir appelé l'ambassade de Corée au secours, c'est finalement l'ambassade de France qui nous tire de là, à la demande des services culturels français à Séoul. Elle a du se porter garante de la réexportation du bus.

De la, nous avons encore plusieurs jours de plateaux arides avant d'atteindre la plaine du Punjab. Nous sommes souvent invités chez des gens, surtout pachtounes, leur hospitalité est chaleureuse. Mais rare sont ceux qui me présentent leur femme encore moins leur sœur, peuh! ….Je boirais bien une petite bière. Un jeune homme donne un perroquet apprivoisé a Marc. Il s'appelle Meetoo et il aime faire du vélo sur son épaule.


L'arrivée dans la plaine de l'Indus est brutale, soudain tout est vert, il y a plein de perroquets verts fluo comme Meetoo qui se poursuivent dans tous les sens, ça n'empêche pas Meetoo d'être unique au monde, bien sûr, il fait chaud, et tout ce monde, nous ne pouvons nous arrêter pour acheter des tomates sans provoquer un énorme attroupement, les gamins frappent sur les flancs du bus, les plus grands sur les vitres, pour attirer notre attention, c'est assourdissant.

Et Manfred comment faisait-il pour conduire tout seul, avec le volant à gauche, sur des routes grouillantes de camions très décorés avec sûrement beaucoup d'amour, de bus chargés jusque par-dessus et de tracteurs engloutis sous des montagnes de canne à sucre.

Mi Ae est debout sur le marche-pied, protégeant ses verres de contacts par des lunettes de soleil a vingt roupies, elle m'énumère, dans l'ordre d'arrivée ce qui déboule en face, à droite. A l'arrière Lilas chipe un jouet à Marc, il le reprend, vivement, elle se met à brailler, le perroquet s'énerve, mord l'oreille de Marc qui se met à pleurer.

Ainsi nous finissons par arriver à Islamabad où nous obtenons nos visas pour l'Inde en trois heures : un record ! Il faut dire que les clients ne se bousculent pas. Ne sont t'ils pas bizarres ces Indiens : prétendre que leur frontière est fermée alors qu'elle est ouverte, ne serait ce qu'aux touristes. Ils semblent tenir à affirmer à la face du monde que rien ni personne venant du Pakistan ne sera accepté en Inde, mais une fois a Islamabad ça n'a plus d'importance, le mal est fait, welcome to India.

Mais point de welcome pour le bus, la frontière indienne sera la plus difficile, bien que son passage est été préparé à l'avance " yes, we did receive a fax from the French embassy about your bus, but our reply had to be negative because we are bond by law ".

L'ambassade de France, eu égard au caractère exceptionnel de notre situation, avec nos plaques coréennes, s'est mise en quatre pendant plusieurs jours, et le bus a obtenu deux mois de transit en Inde.

Les premiers jours en Inde nous essayons de ménager la progression kilométrique et la visite du pays. A Amritsar, partant à l'aube en vélo, Marc et moi sommes allé au temple d'or des Sikhs, le décor a quelque chose de kitsch, mais je suis frappé par l'atmosphère égalitaire : Femmes, hommes, locaux, étrangers tous sont traités de la même facon, petit dejeuner gratuit compris.

A Agra le prix d'entrée pour le Taj Mahal est trente fois plus cher pour les étrangers, alors bien que s'étant débrouillés pour se garer la nuit près des portes pour profiter de la magie du lieu à l'aube, à ce prix là nous le leur avons laissé, leur Taj, et nous avons poursuivit notre route vers la plage promise aux enfants.

Et plus on roule plus elle paraît loin, la plage : La conduite en Inde est éreintante, il faut toute son énergie pour faire quatre cents kilomètres en douze heures. Les routes sont encombrées de camions et jonchées de ceux qui se sont renversés. A l'approche des villes surgissent les automobilistes, persuadé de disposer de beaucoup de vies, ils ignorent superbement les jeux de mots en anglais des panneaux de sécurité routière " overtakers give jobs to undertakers " et même " cats have nine lives you have only one ". La caste des automobilistes indiens ira plus vite que les camions, les vaches, les piétons, nous, les charrettes à chameaux, les rickshaws, les sangliers, les singes, les cyclistes, coûte que coûte.

Au bout de six jours de lutte sans merci nous avons gagné notre cocotier,

Je me repose beaucoup, nage un peu, Marc est cul et chemise avec les hippies de troisième génération, Lilas fait des bêtises avec les petits Indiens, Mi Ae se fait faire des dread locks, Meetoo adore les balades en scooter, et cocotte en chaleur a plein de prétendant galeux, c'est Goa, les vacances.

 

Remis de la fatigue de la route nous recommençons à faire des photos, portrait de femmes locales et de touristes, les deux camps ne manquent pas de looks.

Nous visionnons aussi les photos numériques du carnet de voyage.


Suite du parcours : L'entrée en Chine étant très coûteuse, nous avions envisagé de renvoyer le bus en bateau depuis Madras, mais il est presque impossible de trouver un bateau qui fasse du vrac, le bus ne rentre pas dans un container.

Nous avons effectué trois quarts du Séoul-Paris-Séoul, nous avons envie de boucler la boucle, d'autant que la traversée du Tibet et du Yunnan promet d'être superbe.

Il faut deux mois pour préparer l'entrée du bus en Chine, et autant pour que la fonte des neiges soit assez avancée pour permettre le passage des cols….Nous cherchons un vidéaste et/ou une chaîne de télé pour couvrir cette dernière étape.


Page précédente  
Sommaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Troisième partie